© INTERNEPas vraiment d'effet d'annonce... mais une thématique claire, un vocabulaire précis, martelé, et qui se veut loin de la langue de bois : jeudi soir sur France 2, pour la "première" d'une toute nouvelle émission politique, "Cent minutes pour convaincre", Jean-Pierre Raffarin a affiché sa "ténacité" à conduire son action de Premier ministre, insistant sur son souci "d'être positif". Pour le Premier ministre, "le cap est clair : moderniser le pays. Il y a de grandes réformes à faire, il faut du courage mais je suis déterminé". Il a passé en revue les grands sujets de l'actualité pour son premier grand rendez-vous avec les Français depuis son arrivée à Matignon.
La politique économique :
Retraites : Jean-Pierre Raffarin a affiché sa volonté de "sauver le système de retraites par répartition", et annoncé qu'il engagerait sa "responsabilité et celle du gouvernement" devant le Parlement "au printemps prochain" sur ce dossier.
Service public : " Je ne pense pas qu'on puisse faire de la suppression d'une catégorie de Français un objectif politique (…) Je n’ai pas pour objectif de supprimer des postes ici ou là. Je veux un service public de qualité, ce qui signifie plus de postes ici, moins là. D’où la nécessité d’une réforme de l’Etat."
Impôts : "Je crois à la baisse des impôts, je les baisserai autant que je pourrai les baisser (...) On ne baisse pas les impôts par idéologie mais parce que c'est bon pour l'emploi".
Emploi : Jean-Pierre Raffarin a souligné "des risques importants sur l'emploi". Il a justifié les allègements de charges qu'il a décidés et appelé "les chefs d'entreprise qui nous écoutent à engager des jeunes". Il a redit ses critiques contre les emplois jeunes, qualifiés de "faux emplois" et accusés de cantonner les jeunes dans un "sous-statut".
Bourse : Le Premier ministre a dénoncé une "trop grande ‘financiarisation’ de l’économie" et s’est élevé contre la "puissance de l’argent". Pour lui, "il faut plus de transparence. Les conditions de l’exercice financier du pouvoir dans les entreprises manquent de rigueur actuellement." Il a également rappelé que "les petits porteurs doivent avoir toute l’attention de l’Etat", mais sans répondre clairement aux questions sur une possible recapitalisation de France Télécom.
Croissance : le chiffre de 2,5% de croissance retenu dans le budget 2003 est pour le Premier ministre une hypothèse "haute mais réaliste" : "Je crois que le gouvernement de la France doit se fixer des objectifs volontaristes", a jugé Jean-Pierre Raffarin.
Privatisations : Jean-Pierre Raffarin a indiqué qu'Air France serait privatisée à l'automne "si les conditions financières des marchés nous le permettent".
France Télécom : "Trois personnalités" sont en concurrence pour succéder à Michel Bon. Le nom du futur PDG sera annoncé à l'occasion du Conseil d'administration du 2 octobre. Parmi les noms les plus cités : Thierry Breton (Thomson Multimédia), Noël Forgeard (Airbus) et Michel de Rosen (ViroPharma).
Pacte de stabilité européen : Jacques Chirac avait déjà exprimé son souhait de voir les dépenses militaires retirées du pacte de stabilité budgétaire. Une ligne reprise par le Premier ministre jeudi soir : "je veux bien participer au pacte de stabilité comme les autorités de Bruxelles le demandent - elles ont raison - mais je dis regardons ce que fait la France : la France, aujourd'hui, est parmi ceux qui font le plus pour la défense des Français mais aussi de l'Europe."
La politique étrangère et de défense :
Dossier irakien : comme Jacques Chirac et Dominique de Villepin, Jean-Pierre Raffarin a insisté sur la seule légitimité internationale du Conseil de sécurité face aux risques d'une intervention unilatérale des Etats-Unis en Irak. "Il faut tout tenter avant la guerre. Aujourd’hui, nous avons besoin que les inspecteurs de l’ONU puissent aller en Irak, sans aucune entrave, et que l’on applique les résolutions de l’ONU. (…) Nous voulons que tout se passe au sein de l’ONU, au sein du Conseil de sécurité (…)Il y a des risques d’embrasement dans toute la région, peut-être dans le monde" Jean-Pierre Raffarin s'est dit favorable à l'organisation d'un débat au Parlement sur les menaces de conflit.
Dossier de la défense : Jean-Pierre Raffarin a justifié la forte hausse des crédits alloués à la Défense par "la menace du terrorisme (qui est) partout" et parce que "la guerre a changé de forme".
L’action du gouvernement :
Les réformes à mener : Jean-Pierre Raffarin a indiqué que son gouvernement avait "commencé par l'urgent", la sécurité, la programmation militaire, avant de se pencher sur les réformes économiques et sociales.
Affaire Papon :
Jean-Pierre Raffarin a jugé que Maurice Papon, récemment libéré pour raison de santé, aurait dû rester en prison: " Le droit doit s’appliquer. Quand il y a condamnation, elle doit être appliquée. Jusqu’au bout."
Photo d’ouverture : Jean-Pierre Raffarin, jeudi soir, sur France 2 – © France 2