© INTERNE"Une nouvelle magnifique". Le ministre espagnol de l'Intérieur, Angel Acebes, n’a pas marchandé ses félicitations à l’annonce de l'arrestation de Juan Antonio Olarra Guridi et de sa compagne Ainhoa Mugica, "deux des terroristes les plus brutaux et les plus recherchés", lundi à Talence. Le premier, chef présumé de son appareil militaire de l’ETA, faisait l'objet de 20 mandats d'arrêt ; la justice espagnole le soupçonne d'avoir participé à neuf assassinats, dont celui du juriste et ex-président du Tribunal constitutionnel espagnol, Francisco Tomas y Valiente, le 14 février 1996. Il était devenu chef des commandos de l’ETA à la suite du Basque "Txapote", qui avait été condamné en juillet dernier à 10 ans d'emprisonnement par le tribunal correctionnel de Paris. La seconde, membre de l'organisation des jeunesses radicales basques Segi et chargée de la location d'appartements pour les membres de ces commandos, était visée par une douzaine de mandats d'arrêt.
"Ce sont eux qui fixaient les objectifs et fournissaient les moyens aux commandos" de l'organisation séparatiste basque pour commettre les attentats, a précisé le ministre espagnol de l'Intérieur. C'est une opération "très importante pour démanteler la direction" de l'ETA.
Arrestation en douceur
L’arrestation s’est faite lundi soir, en douceur, vers 19h30. L'opération a été menée par le SRPJ de Bordeaux à la suite d'une plainte des voisins qui avaient signalé des activités douteuses au parquet de Bordeaux. Tout ce qu’ont vu les voisins, ce sont des voitures banalisées embarquant plusieurs personnes, la tête masquée par des vestes. Ces personnes étaient Juan Antonio Olarra Guridi, Ainhoa Mugica, ainsi qu’une Française arrêtée en leur compagnie. Elle a été identifiée par la suite : c’est une jeune femme de 21 ans, nommée Saroia Gallaraga, et originaire de Saint-Pée-sur-Nivelle, dans les Pyrénées-Atlantiques. Une perquisition "de routine" a eu lieu mardi matin au domicile de ses parents.
Après toute nouvelle arrestation, l'organisation séparatiste est "chaque fois plus faible" et les activistes qui prennent la relève "chaque fois moins préparés", a souligné mardi le ministre espagnol de l'Intérieur. Depuis le début de l'année, la police et la gendarmerie ont arrêté une douzaine de militants de l'ETA sur le territoire français, à Bordeaux, à Bayonne et Mont-de Marsan, mais aussi plus loin de la frontière espagnole, en Ardèche et dans les Deux-Sèvres. Plusieurs importantes saisies d'armes et d'explosifs attribuées à l'ETA ont également été opérées cette année, en janvier dans les Pyrénées Atlantiques, en avril dans le Tarn et en juillet près de Dax, dans les Landes.
Photo d’ouverture : Juan Antonio Olarra Guridi et sa compagne Ainhoa Mugica - DR
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