Des lycéens sous code-barres à Marseille

Par (afp), le 17 septembre 2002 à 16h11 , mis à jour le 16 septembre 2002 à 16h17

Un lycée de Marseille teste depuis la rentrée un système informatique original qui fait correspondre un code-barres à chacun des 1.600 élèves, afin de contrôler, heure par heure, leur présence en cours.

ecole cour © INTERNE

Le dispositif pilote s'est discrètement immiscé dans la vie des élèves du lycée Saint-Exupéry, situé dans les quartiers Nord de Marseille. "Un code-barres est tout simplement apposé à côté de leur nom, sur les feuilles d'appel", explique le proviseur, Georges Turrin. "Au début de chaque cours, le professeur bipe le code avec un crayon optique, l'information rentre aussitôt dans le serveur informatique, et l'on peut savoir, en temps réel, si un élève est absent".

"Les élèves ne sont pas des marchandises"

"Nos élèves ne sont pas pour autant des marchandises, bien au contraire!",  se défend-il. "Cet outil va surtout permettre aux lycéens, issus à 70% de milieu défavorisés, de prendre conscience de leurs obligations scolaires pour mieux réussir!", argumente le tout nouveau proviseur, venu diriger ce lycée populaire "par choix". Jusqu'alors, les feuilles d'appel étaient déposées dans la salle des profs et ramassées le soir par les surveillants, qui passaient plusieurs heures à les archiver et à rentrer les données dans un ordinateur. "A présent, on peut appeler des parents le jour même et leur dire : votre enfant n'est pas venu! C'est plus marquant que d'agir trois jours plus tard", relève la conseillère principale d'éducation Chantal Colombo.

Une symbolique qui peut gêner

L'absentéisme concernerait grosso modo 10% des élèves. "Il y a ceux qui sèchent parce qu'ils sont malades, parce que les transports en commun sont en grève, parce qu'ils ont des problèmes à la maison... Mais cet outil va aussi nous permettre de repérer très vite ceux qui décrochent, souvent en décembre-janvier, parce qu'ils n'y arrivent pas. On a 30% d'échec en seconde", rappelle le proviseur.

"Gêné par la symbolique du code-barres", l'un des 160 enseignants, Gérard Luciani, concède que "ça peut être intéressant si ça permet aux sept surveillants d'être plus présents au côté des élèves". "Mais s'il s'agit de supprimer encore du personnel, au moment où les emplois-jeunes disparaissent, je ne serai pas d'accord, car rien ne remplace la présence d'adultes", dit-il.

Efficace ?

Si beaucoup d'élèves jugent le système dissuasif, d'autres, adossés à un pilier du préau, revendiquent leur nonchalance. "J'ai été trois fois absent en une semaine et mes parents n'ont rien su", assure Sofiane, bravache. "Moi je devrais être en espagnol mais j'ai pas envie d'y aller", dit son collègue de première.

Par (afp) le 17 septembre 2002 à 16:11
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