Mesrine : l'ombre d'un doute

Par Philippe MATHON, le 06 septembre 2002 à 17h35 , mis à jour le 05 septembre 2002 à 17h42

Le film inédit présenté jeudi après-midi au juge d'instruction et censé présenter la mort de l'ennemi public numéro 1 le 2 novembre 1979 à Paris, n'apporterait rien aux débats. Pour l'avocat de la famille, il est "évident qu'il manque une partie du film".

MESRINE MORT 1979 © INTERNE

En ne levant pas, loin s'en faut, les derniers doutes existants sur les circonstances de la mort de Jacques Mesrine, la projection du film, jeudi dans les bureaux du juge Thouvenot en charge du dossier, n'a fait qu'accroître les convictions des proches de la famille de "l'ennemi public numéro 1". Lesquels pensent depuis 23 ans que Mesrine a été tué sans aucune sommation. "Assassiné", donc, par les forces de l'ordre.

Le document, filmé par un inspecteur divisionnaire le jour de la mort de l'individu, le 2 novembre 1979 et "oublié" de 1979 à 2001 dans les scellés du palais de justice de Paris, ne comporterait "rien de concluant", selon les dires de son fils Bruno et de Me Malinbaum, l'avocate de la famille. D'une durée de 4 minutes 10, le document a semble-t-il laissé sur leur faim l'ensemble des personnes présentes dans le bureau du magistrat.

"Faire croire que ce film était de la dynamite et, en fait, rien"

On y voit très rapidement des images prises avant l'assaut ainsi que d'autres scènes après les tirs, documents qui ont déjà été diffusées à de multiples reprises. Mais pas une seconde sur l'instant-clé de la fusillade qui a coûté la vie au braqueur. "On voit exactement les mêmes images que celles diffusées à l'époque par les télés, sauf qu'elles sont de moins bonne qualité". Ce n'est qu'un vulgaire montage", a déclaré Bruno Mesrine, s'affirmant "très déçu". "Il s'agit d'un film en couleurs, sans son et de qualité médiocre", a ajouté Me Malinbaum.

Et l'avocate d'asséner ses vérités. Il est "évident qu'il manque une partie du film", lâche-t-elle. Pour elle, c'est sûr, les bandes n'ont pas été placées sous scellés. "Pourquoi n'a-t-on retrouvé que quelques minutes sur les deux pellicules Super 8 ?", s'interroge-t-elle. Projeter ce film a consisté pour le fils Mesrine, à "se moquer sans élégance : faire croire que ce film était de la dynamite et, en fait, rien". Et l'homme de conclure : "Je ne vois pas ce qu'il y a de problématique à reconnaître une bonne fois pour toutes qu'il s'est agi d'une exécution".

Photo AFP : Jacques Mesrine abattu par la brigade anti-gang, le 02 novembre 1979.

Par Philippe MATHON le 06 septembre 2002 à 17:35
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