© ManreoLes antennes-relais de téléphonie mobile sont-elles dangereuses pour la santé ? Cette question, qui taraude les esprits depuis plusieurs années et divise les spécialistes, n'en finit pas de faire des vagues. Les trois opérateurs de téléphonie mobile, Orange, SFR et Bouygues Télécom, sont convoqués vendredi à la mairie de Paris pour discuter du projet de charte de bonne conduite préparé par la mairie de Paris. L'Hôtel-de-Ville souhaite voir baisser la fréquence des émetteurs qui dépassent les valeurs maximales d'exposition aux antennes, une mesure qui concernerait "3 à 5%" des 1.500 stations de base, selon une "estimation" avancée par Yves Contassot, l'adjoint à l'Environnement. "En ce qui nous concerne, nos antennes respectent les normes édictées par le décret, c'est de notre responsabilité et le métier même d'un opérateur", a affirmé mercredi Benedict Donelly. le porte-parole de SFR. Interrogé sur un éventuel abaissement du seuil d'exposition du public, M. Donelly a estimé qu'"en l'état actuel, il n'y a pas d'éléments qui indique qu'il faille revenir en arrière". "Par contre, nous devons aux élus de progresser sur l'information et la transparence", a-t-il conclu.
"Nous sommes dans une logique de partenariat et non d'imposition d'une réglementation par arrêté municipal", assure M. Contassot. Mais la réunion de vendredi promet d'être houleuse. Les élus parisiens souhaitent mettre leur nez dans le travail des opérateurs qui, aujourd'hui, peuvent librement signer un contrat avec un propriétaire privé pour installer une antenne et ce, sans procédure d'information officielle. Un état de fait qui n'est pas du goût de la Mairie de Paris, qui souhaite à terme connaître l'état précis du réseau, affirmer le principe de précaution avec des objectifs d'exposition nettement inférieurs à ceux fixés par le décret et un périmètre de sécurité autour de sites sensibles (les établissements de santé et d'enseignement notamment), informer les habitants sur les installations qui les jouxtent.
"Absence de risques sérieux pour la santé publique"
Les opérateurs acceptent d'autant moins l'ingérence politique parisienne que le Conseil d'Etat leur a apporté un soutien sans faille dans une récente décision. Le 22 août, la plus haute autorité administrative française a donné raison au groupe de téléphonie SFR contre les maires de deux communes, Villeneuve-Loubet et Vallauris (Alpes-Maritimes), qui avaient bloqué l'installation d'antennes-relais. Cette décision casse à la fois les arrêtés municipaux, qui datent de décembre 2001, et le jugement en référé du tribunal administratif de Nice qui, le 3 avril 2002, avait donné raison aux deux communes contre SFR. Dans ses motifs, le Conseil d'Etat constate "l'absence de risques sérieux pour la santé publique", "l'intérêt qui s'attache à la couverture du territoire par le réseau de téléphonie mobile", "l'atteinte illégale portée à la liberté du commerce" et "les autorisations délivrées à la société SFR", et enjoint les maires de ne plus bloquer les travaux sous peine d'astreintes.
Une décision qui a déclenché la colère de l'association Priartem (Pour la réglementation des implantations d'antennes-relais de téléphonie mobile), qui a demandé mercredi au ministre de la Santé Jean-François Mattéi de limiter les antennes au nom du principe de précaution. Un recours pas innocent : en mai 2001, M. Mattei, alors député des Bouches-du-Rhône, avait l'initiateur d'une proposition de loi permettant aux collectivités locales de refuser les antennes pour motifs de santé ou d'environnement…
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