© INTERNEImposer un style, exposer une méthode et annoncer un calendrier d’action. Tel était l’exercice périlleux auquel devait se livrer jeudi soir Jean-Pierre Raffarin sur France 2. Essuyant les plâtres d’un nouveau et long rendez-vous politique à la télévison, le Premier ministre a voulu montrer le visage de la détermination et de la ténacité, le maître mot de la soirée. "Ténacité", répété à plusieurs reprises comme pour répondre à ceux qui chuchotaient déjà qu’il en manquait. Tenace donc et bien dans sa nouvelle peau de locataire de Matignon. Comme pour faire oublier l’image d’un Premier ministre un peu dépassé par sa charge au début de l'été.
Sur la forme, Jean-Pierre Raffarin s'est montré simple et proche des Français. Souriant et à l’aise face à ses interviewers, il n’a pas hésité à se montrer direct avec un style parfois populaire, fort éloigné de la raideur jospinienne. Ainsi, l'éventualité d'une mobilisation contre les décisions gouvernementales n'a pas semblé affecter le Premier ministre qui a rejeté toute idée de "psychose" d'une répétition de décembre 1995. "Est-ce que j'ai l'air d'un psychosé ?", a-t-il ironisé. A propos de la hausse des salaires des ministres, il s'est déclaré heureux de pouvoir s'expliquer. "Je l'avais en travers. Je suis bien content de l'avoir dit".
Pour aller plus loin :
Le dossier des retraites "au printemps 2003"
Raffarin laisse les quotidiens sur leur faim
"Le cap est clair : moderniser le pays"
Au delà de la forme, peu d’annonces concrètes sont à retenir de la prestation de Jean-Pierre Raffarin. Certes, le Premier ministre a affiché sa détermination à mettre en oeuvre la réforme des retraites et annoncé qu'il engagerait sa "responsabilité et celle du gouvernement" devant le Parlement sur ce dossier "au printemps 2003". Pour autant, les axes de réforme sont restés vagues. Selon lui, il faudra agir sur trois paramètres mais il n'en a évoqué que deux : "la durée de cotisation" et "le taux de remplacement", sans dire comment il comptait les utiliser.
Concernant la réforme de l'Etat et la modernisation de la fonction publique, le chef du gouvernement s'est voulu rassurant et fidèle à la parole chiraquienne, notamment sur la question des effectifs des fonctionnaires. "Je ne pense pas qu'on puisse faire de la suppression d'une catégorie de Français un objectif politique", a-t-il dit, ajoutant que "le raisonnement du gouvernement, c'est un service public de qualité pour le pays". "Ca veut dire dans certains domaines plus de fonctionnaires. On l'a vu, c'est nécessaire pour la police". "Les effectifs, c'est une conséquence de la réforme" de l'Etat, "ce n'est pas un a priori", a-t-il ajouté.
Inquiétude sur l'emploi
Jean-Pierre Raffarin a fait part de son inquiétude sur l'emploi. Depuis juin 2001, le chômage n'a cessé d'augmenter, une situation qui a conduit Jean-Pierre Raffarin à lancer un appel pressant aux chefs d'entreprise: "ce qui est très important pour nous, c'est de faire en sorte qu'on puisse remobiliser les forces de ce pays et j'appelle les chefs d'entreprise qui nous écoutent aujourd'hui à embaucher des jeunes". Le Premier ministre a invité les employeurs à utiliser les dispositifs mis en place par le gouvernement, notamment les "contrats jeunes en entreprise" adoptés par le Parlement au cours de l'été.
Tout en assurant suivre "à la lettre les orientations de Jacques Chirac", Jean-Pierre Raffarin a également tenu à s'affirmer comme le chef de l'action gouvernementale et de la nouvelle majorité. "J'assume ma fonction, je sais décider, j'ai ma ténacité", a-t-il martelé tout en assurant qu'il n'était pas un "Premier ministre caporal".
Traditionnnellement plus à l'aise sur la politique intérieure, Jean-Pierre Raffarin s'est aussi aventuré sur le terrain des affaires étrangères en commentant les risques d'une guerre en Irak. "Pour moi, la guerre c'est le stade ultime de la politique. Il faut tout tenter avant la guerre", a-t-il dit en prenant bien soin d'appuyer la ligne présidentielle.
Retour MYTF1
Chargement en cours...



