Le "Requin" ne croquera plus les pigeons

Par PM (Avec AFP), le 19 septembre 2002 à 06h25 , mis à jour le 18 septembre 2002 à 18h29

Le réseau d'escrocs qui ont fait miroiter depuis 1999 des vacances attrayantes en Espagne à près d'un millier de Français a été démantelé. Trois de ses membres présumés mis en examen.

Vignette Faits Divers © INTERNE

Certes, "Tony", le cerveau du groupe, court toujours. Mais c'est bel et bien un réseau de malfaiteurs que les gendarmes ont démantelé ces derniers jours. Un réseau qui a fait près d'un millier de victimes en quelques années.

A chaque fois, l'arnaque débutait par une petite annonce dans les journaux locaux proposant à des tarifs alléchants des locations en Espagne, principalement dans les régions de Valence, Barcelone et Séville. A l'été 2001, le réseau proposait ainsi la location pour trois semaines d'une grande villa avec piscine sur la Costa Brava à un tarif de 1.660 euros. Les futurs "pigeons" devaient envoyer un acompte, qui s'élevait en moyenne à 40% du prix de la location, et recevaient de la documentation. Comble du cynisme, ils recevaient ensuite des lettres signées "le requin", d'où le nom du réseau, leur expliquant qu'ils s'étaient fait arnaquer : "Dans les mystères des eaux troubles et profondes, faites de la plongée pour récupérer votre acompte...", expliquait le "requin" en 2001 à des habitants du Havre (Seine-Maritime).

Travail familial ?

A la suite de la plainte de deux habitants de la région, la brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) s'est vu confier l'enquête au niveau national, où au total 800 plaintes ont été déposées pour un préjudice estimé à 300.000 euros avec un nombre de victimes que les gendarmes estiment à un millier. "Toutes les victimes ne se sont pas manifestées, elles ont sûrement passé cela par pertes et profits", selon un enquêteur. L'instruction de l'affaire a été centralisée dans la juridiction de Chalon-sur-Saône, où un juge d'instruction mène l'information judiciaire ouverte durant l'été 2001.

En partant des noms supposés de deux femmes destinataires des acomptes, les enquêteurs ont commencé leurs investigations, s'apercevant que la carte d'identité de l'une des deux avait servi à l'ouverture d'une dizaine de comptes bancaires à Séville. Au bout d'un an d'enquête, menée à la fois en France et en Espagne, les enquêteurs ont pu identifier une femme âgée de 27 ans, originaire du Doubs, Christine Boffy. Ils l'ont interpellée dimanche à Cussey-sur-L'Ognon (Doubs), au domicile de son père, qui recevait sur son compte en banque des sommes en provenance d'Espagne. Une de ses amies, soupçonnée de recevoir des mandats venant d'Espagne, a également été arrêtée. Christine Buffy a reconnu les faits, affirmant cependant n'être qu'une intermédiaire. Selon elle, elle travaillait pour le fameux "Tony". Elle a été mise en examen pour escroquerie et incarcérée à la maison d'arrêt de Dijon. Ses deux complices présumés, son père et son amie, ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire.

Par PM (Avec AFP) le 19 septembre 2002 à 06:25
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