© INTERNE"Tous disent qu'ils n'ont subi aucune conséquence". Même si les victimes lui ont dit bien aller, le Dr Franz Prosper, l'expert qui a examiné 14 des 19 victimes de viols ou d'agressions sexuelles recensées dans le dossier, a expliqué vendredi aux assises de Seine-et-Marne, qui jugent les 10 hommes accusés de pédophilie dans le procès dit "Albenque", que les conséquences des sévices subis pouvaient surgir plus tard.
Pour l'expert, chacun garçon examiné est crédible mais le "pronostic est réservé". Il évoque alors un futur qui peut être marqué par des troubles sexuels, des moments dépressifs, de la mélancolie, des difficultés dans les relations avec les autres et même "une compulsion de renouvellement". "Je ne dis pas que ces jeunes vont poursuivre dans cette voie mais il y a un risque que le suivi médical peut surmonter", précise-t-il à la barre. Aucune des victimes ne suit actuellement de psychothérapie. Toutes en auraient pourtant besoin selon le Dr Prosper, qui rappelle qu'"après un tel traumatisme, on ne peut pas organiser sa vie autour du secret".
Binôme argent-sexe
"L'argent est une constante dans ce dossier", insiste le psychiatre qui a décrit "le binôme constant argent-sexe". "L'argent, les sorties, les cadeaux sont comme une porte qui s'ouvre vers le bonheur, avec plus loin un halo plus sombre, le sexe", explique-t-il. "Beaucoup y sont allés pour l'argent", ajoute-t-il notamment à propos de B. qui dit s'être "fait amadouer par l'argent". F. ou J. aussi "acceptent tout ça pour l'argent", raconte encore le psychiatre avant d'ajouter : "ce garçon pense que ces messieurs l'exploitent pour le sexe et lui croit les exploiter par l'argent. Mais il oublie que tout ça n'est pas symétrique".
Dans une relation pédophile, "il y a une dissymétrie entre les deux protagonistes", insiste l'expert, notamment parce que les victimes, même d'intelligence normale, n'ont que le discernement de garçon de 12 ou 13 ans et n'ont pas d'emblée perçu de manipulation de la part des adultes. "La violence morale est constitutive d'un traumatisme et le pire qui soit", rappelle encore l'expert qui reconnaît qu'aucune des victimes examinées n'a parlé de violence physique.
Suite des débats la semaine prochaine. Les avocats des parties civiles plaideront lundi après-midi. Le réquisitoire de l'avocat général est prévu mardi matin et le verdict attendu mercredi soir.
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