Le retour des "charters" ?

Par F.L., le 26 septembre 2002 à 13h48 , mis à jour le 26 septembre 2002 à 13h50

Nicolas Sarkozy et son homologue britannique ont arrêté une date pour la fermeture du centre de Sangatte : avril 2003. La France est prête à financer le retour au pays de certains réfugiés. En cas de refus de partir, il pourrait s’agir de retours forcés.

sarkozy sangatte © INTERNE

Régler rapidement le problème du centre de réfugiés de Sangatte, emblématique de celui de l’immigration clandestine, est une priorité pour Nicolas Sarkozy. Et il est prêt à y mettre les moyens. Il l’a montré jeudi à Calais, où il a rencontré son homologue britannique David Blunkett pour évoquer, précisément, les problèmes de lutte contre l'immigration clandestine. Il avait auparavant participé, à la mairie de Sangatte, à une réunion en présence de membres du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés, du président de la Croix-Rouge française, qui gère le centre, et du ministre afghan des Réfugiés. La situation dans le centre de Sangatte, très difficile depuis des années, se dégrade au fil des mois. Conclusion : les réfugiés doivent partir. Et à terme, le centre doit fermer. Lors de leur rencontre, Nicolas Sarkozy et son homologue britannique ont convenu d'une date butoir : avril 2003.

Pour cela, le ministre français de l'Intérieur a évoqué, peu avant de s'entretenir avec David Blunkett, la nécessité d’une "coopération internationale", seule à même, selon lui, de régler durablement le problème des réfugiés. Un appel du pied aux Anglais, qui doivent bientôt, comme l’a rappelé Nicolas Sarkozy, "changer leur loi sur l'immigration clandestine", mais aussi aux pays d'origine des réfugiés. La France est prête pour sa part à financer les retours au pays. "J'ai bon espoir que les premiers retours volontaires interviennent dans les semaines qui viennent", a déclaré le ministre de l'Intérieur.

La carotte et le bâton

Que faire en cas de refus ? "Si les retours volontaires, dans un premier temps, ne suffisent pas, nous sommes prêts à verser une somme d'argent à chacun qui rentre". Cette somme pourrait atteindre 2.000 euros par personne, et 500 euros par mineur accompagné. "Si ce travail volontaire n'est pas suivi des faits, ce sera des retours forcés". Cette déclaration visait en premier lieu les réfugiés afghans : "l'avenir d'un Afghan est de participer à la reconstruction de l'Afghanistan", a noté Nicolas Sarkozy. Il a laissé entendre que des sommes d’argent seraient également proposées aux réfugiés kurdes.

Il s’agit dans un premier temps de mieux contrôler le nombre de réfugiés : des représentants du HCR et la Croix-Rouge procèderont au cours des prochaines semaines à un recensement des personnes dans le centre. Actuellement, elles seraient environ 1.600. "Nous délivrerons une carte et ensuite nous ne donnerons plus de cartes. Nous ne prendrons plus personne dans le centre", a promis Nicolas Sarkozy. L’objectif final reste le même : le centre de Sangatte, qui envenime les relations avec la Grande-Bretagne, doit fermer. Mais, a prévenu Nicolas Sarkozy, "je ne peux pas régler le cas de Sangatte d'un coup de baguette magique".

Photo d’ouverture : Nicolas Sarkozy, jeudi, à Sangatte - DR

Par F.L. le 26 septembre 2002 à 13:48
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