Le retour triomphal de Jacques Mellick

Par , le 16 septembre 2002 à 07h49 , mis à jour le 16 septembre 2002 à 08h11

Ecarté de la vie politique en 1996 pour faux témoignage dans l'affaire OM-VA, l’ex-ministre PS a réussi un retour triomphal en étant élu dès le premier tour de l'élection municipale partielle de Béthune, dimanche soir, face à son rival et maire sortant Bernard Seux.

jacques Mellick afp victoire partielle béthune sept 2002 © INTERNE

"Et un, et un, et un seul tour !" : c’est par une ovation et des "on a gagné !" à tout rompre que quelque 500 électeurs de Bethune ont accueilli dimanche soir le grand retour de leur maire Jacques Mellick. Elu à 51,57% des suffrages, l'ancien ministre a obtenu une large avance de 2.164 voix sur son adversaire Bernard Seux (33,41%).

Les béthunois étaient appelé aux urnes en cette rentrée, suite à l'invalidation de l'élection de 2001 par le Conseil d'Etat (le nom d'un colistier de Jacques Mellick qui aurait participé à l'agression d'un colleurs d'affiches du camp adverse était mentionné sur un tract du candidat du Pôle Républicain). Maire de la commune pendant près de 20 ans, Jacques Mellick avait été écarté de la vie politique en 1996 après une double condamnation à de la prison avec sursis pour sa gestion de la ville. Il avait également écopé de 5 ans d’inéligibilité pour faux témoignage en faveur de Bernard Tapie dans l'affaire OM-VA.

"Quand on a la volonté, on peut s'en sortir"

Après s’être difficilement frayé un passage jusqu'à la tribune surplombant la salle des fêtes, Jacques Mellick a tenu, hier soir, à partager avec ses électeurs toute son "émotion" et sa "fierté" d'avoir franchi cette "étape difficile". "On m'a mis la tête sous l'eau. On a fait de moi une légende. C'est vrai, dans l'affaire VA/OM, j'ai été nul mais j'ai payé pour ce faux témoignage. Comme quoi, quand on a la conscience tranquille, la volonté, on peut s'en sortir", a-t-il ajouté. Après avoir remercié les "amis qui m'ont fait tenir debout malgré l'adversité", le nouveau maire de Béthune a proposé "une ville rassemblée". "Ma tâche est immense, a-t-il dit, en compagnie de Marie-Noëlle Lienemann, dont il avait été le suppléant (malheureux) lors des dernières législatives. Je tends la main à tous ceux qui veulent se battre pour Bethune. Je ne rejetterai personne".

La rancœur du maire sortant

Il a ensuite directement salué "celles et ceux qui sont dans l'opposition et qui représentent une bonne partie des Béthunois". "Je leur propose de s'associer" pour "une mairie transparente, ouverte à  tous et impartiale pour le personnel et les citoyens".

Des propos qui ont fait bondir son rival déchu. "Mellick a utilisé des arguments que la morale réprouve. Il y a matière à recours. "Ce qui l'intéresse (ndlr : Mellick), c'est le fric et étouffer les affaires. Il a fait voter des budgets faux équilibrés avec des recettes fictives qui ont plombé le budget quand nous étions au pouvoir", a-t-il poursuivi. Evoquant sa participation au conseil municipal, où son groupe disposera de  six sièges, Bernard Seux a prévenu : "Nous ne laisserons passer aucune dérive." 

Par Alexandra Guillet le 16 septembre 2002 à 07:49
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