© INTERNEDes dizaines de gerbes de fleurs ornent les murs de la caserne Champerret. C'est une tragédie sans précédent dans l'histoire de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris : cinq de ses hommes sont morts samedi soir pendant une intervention a priori "classique" pour éteindre un incendie dans un immeuble d'un quartier résidentiel de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Ils avaient entre 22 et 27 ans. L'un d'entre eux venait de se marier, un mois plus tôt.
Retour sur les faits. A 18h11 samedi, les pompiers sont appelés pour un "feu de chambre", au sixième étage d'un immeuble qui en compte sept au 43, avenue Sainte-Foy. "C'était un petit feu comme on en fait 20 000 par an" explique un sapeur de la caserne Champerret, où étaient affectées les victimes. Lorsque la première équipe entame son travail, une explosion se produit, foudroyant les cinq soldats du feu. "J'ai vu des flammes suivies de deux petites explosions" souligne un riverain. Un autre témoin ajoute que les détonations ont été peu perceptibles. "Elles ont été si discrètes que personne ne s'est douté de ce qui se passait". Les collègues des cinq victimes parviennent ensuite à éteindre rapidement l'incendie.
Chirac se recueille
Les cinq hommes, "en état de mort apparente et en arrêt cardio-ventilatoire" sont longuement soignés sur place. Vers 21h, ils sont transportés à l'hôpital Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine), spécialisé dans le traitement des grands brûlés. Mais on ne pourra pas les ranimer et leur décès est constaté quelques minutes plus tard.
Le service départemental de police judiciaire de Nanterre a été chargé par le procureur de la République d'enquêter sur les causes et circonstances de l'incendie. Le locataire de la chambre où s'est déclaré l'incendie était entendu dimanche en fin d'après-midi par la police judiciaire à Nanterre. L'homme, d'origine polonaise et âgé d'une quarantaine d'années, était entendu en compagnie de sa fille avec laquelle il occupait la chambre. Très peu d'éléments ont filtré jusqu'à présent sur les origines du sinistre, ou sur d'éventuelles négligences.
La cause des explosions est en revanche connue, à savoir une lente combustion, sans flamme, qui a "eu pour effet d'accumuler dans la pièce en très grande quantité des gaz imbrûlés portés à très haute température". Ce sont ces poches de gaz qui ont explosé lorsque les pompiers ont ouvert les portes. Le laboratoire central de la préfecture de police avait indiqué dimanche matin que la configuration des lieux - un couloir étroit de 60 centimètres - avait provoqué une amplification des effets des explosions. Les investigations menées n'avaient détecté ni trace de gaz, ni poudre, ni traces de liquide inflammable, ni bonbonne ou aérosol.
Sarkozy sur place, "émotion" de Jacques Chirac, Delanoë "bouleversé" |
Nicolas Sarkozy et le préfet de police de Paris, Jean-Paul Proust, se sont rendus sur les lieux du drame samedi soir. Le ministre de l'Intérieur, ancien maire de Neuilly, "a exprimé sa très grande tristesse et a assuré aux familles des victimes et aux sapeurs-pompiers parisiens sa solidarité dans cette terrible épreuve". Il revenait justement du congrès national des sapeurs-pompiers qui s'est tenu samedi à Martigues (Bouches-du-Rhône). |
(photo : l'appartement à l'origine de l'explosion)
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