Sauver ou périr

Par F.A., le 16 septembre 2002 à 21h13 , mis à jour le 14 septembre 2002 à 21h18

Cinq pompiers, qui intervenaient sur un incendie à Neuilly-sur-Seine, ont trouvé la mort samedi soir. Ils ont été victimes d'une explosion accidentelle.

neuilly incendie © INTERNE

Des dizaines de gerbes de fleurs ornent les murs de la caserne Champerret. C'est une tragédie sans précédent dans l'histoire de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris : cinq de ses hommes sont morts samedi soir pendant une intervention  a priori "classique" pour éteindre un incendie dans un immeuble d'un quartier résidentiel de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine).  Ils avaient entre 22 et 27 ans. L'un d'entre eux venait de se marier, un mois plus tôt.

Retour sur les faits. A 18h11 samedi, les pompiers sont appelés pour un "feu de chambre", au sixième étage d'un immeuble qui en compte sept au 43, avenue Sainte-Foy.  "C'était un petit feu comme on en fait 20 000 par an" explique un sapeur de la caserne Champerret, où étaient affectées les victimes. Lorsque la première équipe entame son travail, une explosion se produit, foudroyant les cinq soldats du feu. "J'ai vu des flammes suivies de deux petites explosions" souligne un riverain. Un autre témoin ajoute que les détonations ont été peu perceptibles. "Elles ont été si discrètes que personne ne s'est douté de ce qui se passait".  Les collègues des  cinq victimes parviennent ensuite à éteindre rapidement l'incendie.

Chirac se recueille

Les cinq hommes, "en état de mort apparente et en arrêt cardio-ventilatoire" sont longuement soignés sur place. Vers 21h, ils sont transportés à l'hôpital Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine), spécialisé dans le traitement des grands brûlés. Mais on ne pourra pas les ranimer et leur décès est constaté quelques minutes plus tard.

Le service départemental de police judiciaire de Nanterre a été chargé par le procureur de la République d'enquêter sur les causes et circonstances de l'incendie. Le locataire de la chambre où s'est déclaré l'incendie était entendu dimanche en fin d'après-midi par la police judiciaire à Nanterre. L'homme, d'origine polonaise et âgé d'une quarantaine d'années, était entendu en compagnie de sa fille avec laquelle il occupait la chambre. Très peu d'éléments ont filtré jusqu'à présent sur les origines du sinistre, ou sur d'éventuelles négligences.

La cause des explosions est en revanche connue, à savoir une lente combustion, sans flamme, qui a "eu pour effet d'accumuler dans la pièce en très grande quantité des gaz imbrûlés portés à très haute température". Ce sont ces poches de gaz qui ont explosé lorsque les pompiers ont ouvert les portes. Le laboratoire central de la préfecture de police avait indiqué dimanche matin que la configuration des lieux - un couloir étroit de 60 centimètres - avait provoqué une amplification des effets des explosions. Les investigations menées n'avaient détecté ni trace de gaz, ni poudre, ni traces de liquide inflammable, ni bonbonne ou aérosol.

Sarkozy sur place, "émotion" de Jacques Chirac, Delanoë "bouleversé"

Nicolas Sarkozy et le préfet de police de Paris, Jean-Paul Proust, se sont rendus sur les lieux du drame samedi soir. Le ministre de l'Intérieur,  ancien maire de Neuilly, "a exprimé sa très grande tristesse et a assuré aux familles des victimes et aux sapeurs-pompiers parisiens sa solidarité dans cette terrible épreuve". Il revenait justement du congrès national des sapeurs-pompiers qui s'est tenu samedi à Martigues (Bouches-du-Rhône).

Dans un communiqué, Jacques Chirac a exprimé sa "vive émotion" et a rendu "hommage au courage extraordinaire de ces hommes qui ont trouvé la mort au coeur de leur jeunesse, en se portant au secours d'autres vies, celles de femmes et d'hommes menacés par les flammes, celles de leur propres collègues aux prises avec le feu". Le président s'est rendu à l'hôpital Percy pour s'incliner devant les dépouilles des victimes.

Bertrand Delanoë, le maire de Paris, s'est déclaré "bouleversé par la disparition tragique de cinq jeunes pompiers de Paris, victimes de leur devoir. Je veux, au nom de tous les Parisiens, exprimer la profonde émotion et saluer la mémoire de ces véritables héros".

(photo : l'appartement  à l'origine de l'explosion)

Par F.A. le 16 septembre 2002 à 21:13
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