© INTERNEAu moins 200 000 adeptes des musiques électroniques défileront samedi entre Denfert Rochereau et Bastille en point d’orgue de la cinquième édition des Rendez-vous électroniques. Entre une rencontre avec Nicolas Sarkozy et une visite au "techno boat", Brice Mourer, président de Technopol, association organisatrice de la parade, a répondu à nos questions.
tf1.fr : Après la vague d’interdictions d'événements techno et d’embuches administratives pour les organisateurs de soirées, la parade 2002 va prendre des accents militants. Comment cela va-t-il s’exprimer ?
Brice Mourer : Notre mot d’ordre cette année, c’est " laissez-nous danser ". Alors on espère être un maximum à danser dans les rues de Paris ! La techno Parade avait vu le jour en 1998 dans un contexte répressif (circulaire Pasqua de 95). Sous l’effet de l’article 53 de la Loi sur la sécurité quotidienne, relatif aux rassemblements festifs à caractère musical, 2002 a vu l’accélération de la répression. La Parade 2002 reprend donc tout son sens, en revenant à l’esprit de la première manifestation. Avec des objectifs identiques : offrir aux médias, aux autorités et au grand public un visage moins caricatural de la techno que celui souvent décrié des free parties. Et aussi faire pression sur les pouvoirs publics pour plus de tolérance et de dialogue avec les organisateurs de soirées.
tf1.fr : Les premiers touchés par la répression sont les organisateurs de free-parties (NDLR : rassemblements techno gratuits comme les teknival, le plus souvent organisés dans des friches industrielles ou des champs, sans autorisation), qui voient leur matériel saisi. Comment défendre un mouvement que vous ne représentez pas et qui ne reconnaît pas votre légitimité ?
Brice Mourer : Notre position par rapport aux free parties est claire : Technopol rassemble les acteurs professionnels de la techno, pas les organisateurs de free parties. Mais étant un interlocuteur reconnu par les pouvoirs publics, on nous a souvent demandé de nous exprimer sur le sujet. Si nous sommes opposés au décret 53, on ne fait pas non plus d’angélisme par rapport aux free parties. Certains organisateurs vont dans le bon sens, nous les aidons. D’autres font n’importe quoi.
tf1.fr : Le dialogue semble avoir repris avec le gouvernement. Etes-vous satisfait de l’attitude des ministères de l’Intérieur et de la Culture à votre égard ?
Brice Mourer : Il n’y a jamais eu de rupture du dialogue avec le ministère de la Culture, mais paradoxalement l’avenir de la techno dépend beaucoup plus de l’Intérieur, avec lequel nous avons eu plus de soucis. Et nous sommes satisfaits des premières rencontres avec Nicolas Sarkozy. Nous espérons qu’il va calmer les ardeurs des préfets qui, sur le terrain, ont considéré l’article 53 comme un blanc-seing pour l’interdiction systématique des rave-parties. Nous avons obtenu des réponses concrètes : d’ici la fin du mois, sera publiée une liste de médiateurs chargés de faire l’interface, dans chaque département, entre organisateurs d’événements techno et préfets. D’autre part, un groupe de travail mêlant des représentants de l’Intérieur, de la Culture et des organisateurs va être mis en place. Le but : déboucher sur des solutions, peut-être un nouveau texte qui donnerait un cadre plus clair pour évoluer, à l’instar de la circulaire interministérielle de 1998 qui interdisait toute discrimination envers les événements techno.
tf1.fr : Considérée comme trop commerciale, la Love parade de Berlin, l’ainée des manifestations techno, a marqué le pas cette année. Comment sa petite soeur parisienne peut-elle éviter ce piège ?
Brice Mourer : A la différence de la Love parade, la Techno parade n’est pas organisée par une structure commerciale mais par une association à but non lucratif. Le sponsoring et les deux compilations n’ont pour but que d’assurer l’équilibre de l’opération. Et les critères pour qu’un char participe à la parade sont le respect de la diversité : diversité musicale (House, Trance, Jungle …), diversité des acteurs (labels, clubs, organisateurs), et diversité géograhique. Ainsi cette année c’est un char brésilien qui ouvrira le cortège.
Pour plus d'infos :
-Le parcours du combattant d'un organisateur de rave party
-Sur le site de Technopol : les circulaires et lois liées à la techno
Photo AFP: la techno parade 99
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