Les assassins de Santoni identifiés ?

Par Philippe MATHON, le 02 octobre 2002 à 07h06 , mis à jour le 01 octobre 2002 à 17h12

Les enquêteurs privilégieraient la piste d'un règlement de compte. Charles Pieri, son grand rival au sein des nationalistes, serait mis hors de cause.

[Expiré] [Expiré] Santoni gros plan regard inquiet Corse © AFP

La fin d'un long feuilleton ? L'enquête sur l'assassinat du nationaliste corse François Santoni, le 17 août 2001 à Monacia d'Aullène (Corse-du-Sud), serait bientôt bouclée. C'est en tout cas ce qu'écrit Le Monde dans ses colonnes mardi. D'après le quotidien, deux des assassins présumés du célèbre nationaliste auraient été identifiés par les enquêteurs. L'un d'eux est décédé depuis - Ange-Marie Orsoni, le cousin germain d'Alain Orsoni, fondateur du FLNC - et le second - Alain Robin - est actuellement en fuite. Les autres membres du commando, écrit Le Monde, seraient déjà incarcérés pour d'autres motifs.

Rendons à César…


L'information publiée par Le Monde avait déjà été évoquée par un confrère voilà près d'un mois. Le 9 septembre, L'Investigateur faisait état d'"arrestations imminentes dans le cadre de l'assassinat du nationaliste Santoni". Les noms d'Ange-Marie Orsoni et des "frères Robin" étaient mentionnés. Et l'article s'achevait sur cette conclusion : "L'assassinat de François Santoni a-t-il été décidé en haut lieu et a-t-il donné lieu à des marchandages avec le grand banditisme insulaire ? Il est fort probable que oui".

Les enquêteurs seraient parvenus à la conclusion suivante : l'ancien leader nationaliste corse aurait été tué par vengeance, pour avoir dénoncé à la police le nom des assassins de son ancien garde du corps, Jules Massa, le 16 février 1996.

Rumeurs

Ces conclusions tordent le coup à d'incessantes rumeurs, alimentées depuis la mort de François Santoni il y a plus d'un an, faisant de Charles Pieri, un autre dirigeant nationaliste et son grand rival au sein d'A Cuncolta , le commanditaire de l'assassinat. L'homme, incarcéré à l'époque, aurait, murmurait-on alors, donné ses ordres de sa chambre de prison via son téléphone mobile. Histoire de "nettoyer" le terrain avant de retrouver la liberté quelques mois plus tard. Histoire également de réaffirmer son leadership au sein des groupes nationalistes. Or, d'après les hommes de la Division nationale antiterroriste (DNAT) et du SRPJ d'Ajaccio, Charles Pieri serait donc totalement mis hors de cause.

Les conclusions - provisoires -des enquêteurs constituent une grande bouffée d'oxygène pour le ministère de l'Intérieur, qui n'aurait donc pas à ferrailler avec cet homme "encombrant" libéré le 30 mai 2002. En août dernier, à la veille de la visite de Nicolas Sarkozy sur l'île de Beauté, Charles Pieri n'avait pas masqué son implication dans la tentative de résolution de la "question corse". "Peu nous importe quel qualificatif lui sera attribué, peu nous importe aussi qu'il ait lieu dans des salons matignonesques ou à l'Assemblée de Corse, nous ne voulons savoir qu'une chose, c'est que le débat reprenne sur des bases saines et bien définies. Nous sommes de ceux qui conduiront les discussions à venir dans la transparence la plus totale".

Photo archives : François Santoni

Par Philippe MATHON le 02 octobre 2002 à 07:06
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