© INTERNEMalgré son nom un rien terrifiant, le Chaos Computer Club (CCC) n'a pas une vocation de nuisance. Il se bat au contraire depuis ses débuts pour une informatique à visage humain. Ce groupe de hackers allemands a été fondé il y a 21 ans par Wau Holland, hippie visionnaire qui considérait déjà, à l'époque, que les ordinateurs ne devaient pas profiter aux seules entreprises, que l'informatique n'était pas une fin en elle-même, mais devait aider les individus à communiquer. "Il estimait que les ordinateurs pouvaient aider à rendre les choses plus transparentes et à redonner du pouvoir aux populations", témoigne l'un des co-fondateurs du CCC.
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Le CCC n'a jamais voulu être gratuitement nuisible. Leur premier "hack" remonte au début des années 80 : Holland avait prévenu la Poste allemande d'une importante faille de sécurité dans leurs réseaux. Ceux-ci ignorant son avertissement, le CCC profita de cette faille, détourna 50.000$ grâce à cette faille, et raconta immédiatement l'aventure aux médias.
Le CCC a ainsi développé une certaine culture du "hacking" qui, plutôt que la nuisance, privilégie la réflexion sur l'avenir de l'informatique et de l'Internet. Preuve en est la nomination, il y a deux ans, de l'un de ses membres au poste de directeur pour l'Europe de l'ICANN ("gouvernement" du Web").Aujourd'hui, le CCC continue de réfléchir à une informatique moins commerciale, plus humaine, participative, et créative. L'une de leurs œuvres les plus célèbres reste le BlinkenLights, installation qui les a vu transformer un immeuble désaffecté de Berlin en écran géant, chaque fenêtre constituant un pixel. Cette installation est depuis une semaine à Paris, sous le nom d'Arcade. Depuis le 25 septembre, tous les soirs, une façade de la Bibliothèqe Nationale de France est transformée à son tour en écran. L'événement se clôturera à la fin de la "Nuit Blanche".
Plus qu'une monumentale installation, Arcade est une œuvre participative. Le CCC permet aux spectateurs de jouer à Tétris ou d'envoyer des messages sur ce gigantesque écran grâce à son téléphone portable. Il distribue également sur son site un logiciel gratuit qui permet de composer soi-même une œuvre qui sera diffusée sur la façade. Une expérience folle et interactive, comme seuls les hackers peuvent en imaginer.
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