© INTERNELes ministres chargés de l'Economie et du Budget ont défendu mardi à l'Assemblée nationale les dispositions du budget 2003, en assurant pouvoir les financer par de nouvelles économies en cas de ralentissement économique accentué, mais sans brandir la menace de "la rigueur".
Après l'euphorie de la nouvelle économie, "nous revenons aux réalités plus moroses de l'économie traditionnelle où le progrès continue à se gagner jour après jour", a reconnu le ministre de l'Economie Francis Mer, évoquant en outre "l'ampleur des incertitudes" actuelles.
Francis Mer a défendu le "dosage" retenu entre recettes et dépenses: "Fallait-il aller plus loin dans l'effort pour afficher une baisse du déficit ? Fallait-il différer la mise en oeuvre des priorités (police, justice, défense) ? Fallait-il renoncer aux baisses d'impôts et de charges ?" Aux trois questions, il a répondu "non".
Jugeant "raisonnable" l'hypothèse de croissance de 2,5% retenue dans le budget, pourtant généralement considérée comme trop optimiste et "crédible" la prévision de recettes pour 2003, le patron de Bercy a cependant évoqué la possibilité d'une nouvelle détérioration de la conjoncture. Il a assuré qu'alors, les engagements seraient quand même tenus, y compris vis-à-vis de l'Europe (pas de déficit public supérieur à 3%, équilibre des finances publiques "au plus tard" en 2007).
L'effort porterait alors sur les dépenses. Le ministre délégué au Budget, Alain Lambert, a annoncé pour 2003 l'entrée en vigueur d'une mesure de régulation qui ne serait débloquée qu'en cas de conjoncture favorable.
Un budget "insincère" et "injuste"
Les ministres se sont bien gardés cependant de reparler de la "rigueur", mot utilisé la semaine dernière par Francis Mer, qui avait créé l'émoi. Alain Lambert a seulement parlé mardi de "discipline", "règle de vie à laquelle on se soumet pour précisément éviter la rigueur". Le Premier ministre a pour sa part tourné autour du mot en évoquant l'obligation du gouvernement de "tenir rigoureusement ses engagements".
La gauche a pour sa part dénoncé un budget "insincère" et "injuste". "Le gouvernement pilote à vue un budget à contre-emploi qui ne viendra pas soutenir la croissance", a estimé l'ancien rapporteur du Budget, le socialiste Didier Migaud. En plus, "on nous annonce donc d'ores et déjà (avec les mesures de régulation) que le budget exécuté l'année prochaine n'est pas celui qui va être voté", a-t-il ajouté, cela "traduit le trouble du gouvernement qui sent que son hypothèse de croissance est de moins en moins crédible".
Photo : Francis Mer, ministre de l'Economie.
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