Les chauffards sans permis pullulent sur les routes

Par Afp, le 04 octobre 2002 à 16h43 , mis à jour le 03 octobre 2002 à 16h44

Le nombre de conducteurs impliqués dans des accidents corporels sans permis de conduire ou avec un titre non valable a bondi de 66 % en cinq ans.

accident metz © INTERNE

Carros, près de Nice, 29 septembre, un jeune pompier est mortellement percuté par une Porsche. Strasbourg, 30 septembre, un bébé est fauché dans sa poussette et tué, sur un passage piétons. Dans les deux cas, le chauffard roulait sans permis. Selon les chiffres de l'Observatoire national interministériel de sécurité routière, en 1996, ils étaient 2.200 dans ce cas (défaut de permis, permis  suspendu, périmé, catégorie non valable). En 2001, les forces de l'ordre en ont comptabilisé 3.659, soit une hausse de 66 %.

Ces statistiques n'étonnent guère Christophe Naudin, chercheur au département des menaces criminelles contemporaines à Paris II. Ce spécialiste des fausses identités estime même que faute de contrôles suffisants, elles ne représentent qu'une infime partie de l'iceberg. "9 % des conducteurs circulant en France ne sont pas en règle", a-t-il calculé. "Cela représente environ 2,7 millions de faux permis sur la trentaine de millions enregistrées dans notre pays", affirme-t-il, ajoutant, sans toutefois citer de chiffres, que l'évolution de cette population était "affolante" et "exponentielle". "Avec les nouvelles techniques des contrefacteurs, on n'arrive plus à détecter les faux des vrais", explique l'universitaire, selon qui l'origine de ces faux est "criminelle à 90 %". Selon la qualité du titre, un permis volé complètement refait à neuf avec une autre identité coûte entre 500 et 2.000 euros à l'acheteur, précise M. Naudin.

Des tricheurs pleins d'idées

Derrière ce faux permis, on retrouve fréquemment, assure le chercheur, un étranger en situation irrégulière en France, à qui l'on remet à son arrivée un lot de faux papiers (passeport ou carte de séjour, permis de conduire, carte grise, ...). Mais il y a aussi l'automobiliste privé de permis, suite à un excès de vitesse ou un état d'ivresse, pressé de récupérer son précieux sésame rose, ou  tout simplement le candidat recalé à l'épreuve.

"Du fait de la difficulté accrue, le taux de réussite à l'examen de conduite  plafonne aujourd'hui à 54 % tandis que le taux de fraude, autrefois dérisoire, est depuis quelques années en forte augmentation", explique Jean-François Verdier, à la sous-direction de la formation du conducteur au ministère des Transports, cité récemment dans l'hebdomadaire Le Point.

Et les tricheurs ne manquent pas d'idées, du moniteur d'auto-école complice au faux interprète qui glisse au candidat la bonne réponse dans sa traduction. Sur les routes, la litanie des drames se double désormais régulièrement d'un chapitre "chauffards sans permis", souvent des récidivistes. Ainsi, au début de l'été, un automobiliste de 21 ans a été contrôlé en ville, à Bréval (Yvelines), à 108 km/h. Il n'avait plus son permis, suspendu  pour grand excès de vitesse (195 km/h). Début septembre, près de Quimper (Finistère), un jeune homme de 22 ans était contrôlé ... deux fois en deux jours alors qu'il roulait sans permis.

Par Afp le 04 octobre 2002 à 16:43
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