© INTERNELes lettres de sang "Omar m'a tuer" désignaient bien Omar Raddad : telle est la conviction exprimée jeudi par l'avocat général qui a demandé à la Cour de révision de ne pas accorder un second procès au jardinier marocain, condamné à 18 ans de réclusion pour le meurtre de sa patronne, crime qu'il a toujours nié. La Cour rendra sa décision le 20 novembre. La réaction de Jacques Vergès, avocat d'Omar Raddad :
tf1.fr : Comment réagissez-vous au réquisitoire de l’avocat général qui estime que les nouveaux éléments que vous apportez - expertises graphologiques et génétiques - pour une demande de révision ne jettent aucun doute sur la culpabilité d’Omar Raddad et que dès lors tout nouveau procès est inutile ?
Jacques Vergès : Les arguments de l’avocat général sont dépassés de nos jours. Il s’appuie sur une décision de la cour de cassation datant de 1902, faisant elle-même référence à des précédents de Bonaparte, qui dit que l’institution judiciaire doit avoir la présomption d’innocence et l’accusé avoir la présomption de culpabilité. Laurent Davenas oublie qu’entre temps a été signée la convention européenne des droits de l’homme et qu’est née la Cour européenne des droits de l’homme accordant la présomption d’innocence au requérant. Une loi de 1989 dit également que pour faire une demande de procès en révision un doute sérieux suffit. L’avocat général vient de commettre une erreur judiciaire grosse comme l’Himalaya en n’accordant pas cette présomption d’innocence à mon client.
tf1.fr : N'y allez-vous pas un peu fort en parlant d’erreur judiciaire dans ce réquisitoire ?
Jacques Vergès : Toutes les erreurs judiciaires partent du même point de vue : on croit avoir trouvé la vérité alors on s’arrête de chercher. Dans notre affaire, on a repéré une nouvelle trace d’ADN, différente de celle d’Omar Raddad, présente dans les traces de sang laissées par Madame Marchal. Qu’est-ce que cela coûte de faire des vérifications pour trouver le propriétaire de cet ADN ?! Dans l’affaire de la petite Caroline Dickinson à la Pleine sur mer, on n'a pas hésité à convoquer tout un village pour que ses habitants donnent un petit échantillon de sang. Dans l’affaire Raddad, seule une vingtaine de tests serait à faire sur les personnes susceptibles d’être entrées dans la cave de la victime. Selon moi, Monsieur Davenas a une position qui sur le fond est injustifiable.
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