Paris fait sa première Nuit blanche

Par Renaud PILA (avec AFP), le 04 octobre 2002 à 17h57 , mis à jour le 03 octobre 2002 à 18h31

Pour cette nuit de samedi à dimanche, un parcours artistique nocturne permet aux Parisiens de redécouvrir leur ville à travers des lieux prestigieux, insolites ou inhabituels. L'occasion de découvrir des artistes plutôt précurseurs.

Vous n’avez pas sommeil ? Bonne nouvelle ! Cette nuit, Paris fait Nuit blanche et oublie de dormir. La ville doit rester allumée toute la nuit, une ville qui se veut ouverte et étonnante, ludique et insolite ! Pour réveiller la capitale qu’elle considère un peu endormie, la Mairie de Paris organise en effet un parcours original et entièrement gratuit en trente "événements " artistiques. Le plaisir de la déambulation entre 19h30 et 6h00 du matin. Chacun peut créer son itinéraire en fonction de ses désirs et de sa curiosité.

Il s'agit pour l’équipe de Bertrand Delanoë, ordonnatrice de cet événement sans précédent à l'échelle d'une capitale, de transformer ce moment "individuel", "voire intime" qu'est une nuit sans sommeil, en "expérience collective". Culture alternative, recherches sonores, compositions aléatoires, "installations" diverses... Jean Blaise, créateur du festival les " Allumées " de Nantes et colonne vertébrale de cette programmation n'a pas reculé devant l'hyper contemporain même si tout un chacun peut y trouver son plaisir ou s’enrichir d’expériences nouvelles.

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sur la Nuit blanche

 

Ainsi peut-on nager toute la nuit dans le piscine de Pontoise illuminée par Nathalie Junod Ponsard, faire du patin à Bercy dans le nouvelle patinoire, écouter un "requiem profane" de Pierre-Henry dans les anciennes pompes funèbres, raconter ses histoires à Sophie Calle au 3ème étage de la tour Eiffel ou encore admirer la façade de la BNF transformé par des hackers en écran géant.

Ouverture de lieux insolites

Chaque moment est une rencontre entre un créateur et un lieu insolite que les Parisiens sont invités à découvrir en touristes dans leur propre ville : anciennes pompes funèbres du 104 rue d'Aubervilliers détournées, funiculaire de Montmartre sonorisé, siège de la "fédé" parisienne du PCF transformé en galerie d'art pour dévoiler une collection quasi-inédite de 90 toiles au millésime des années 70, "visite de chantier" de la Gaîté Lyrique, libre accès aux salons de l’Hôtel de Ville...

Beaucoup d'initiatives se sont greffées sur le parcours originel: chaîne de brasseries servant jusqu’au matin, cinémas tenant écrans ouvert, théâtres (Silvia Monfort, Jean-Marie Serreau...) accueillant lectures ou musiques de nuit, plus de 276 monuments (Arc de triomphe, Panthéon) restant allumés jusqu’au petit matin.

Pour profiter de cette  Nuit blanche en toute liberté, des navettes font le lien toutes les dix minutes entre les lieux. Les " Noctambus " ont également été renforcés. Mais on regrettera, comme pour la Fête de la Musique, la frilosité de la RATP et de la SNCF. Puisse le succès de cette première fête de la nuit faire évoluer les mentalités et permettre à tous de bouger encore plus librement dans les prochaines Nuits blanches parisiennes.

Les Parisiens ne seront pas les seuls à se coucher bien tard (ou bien tôt dimanche) puisque nos voisins bruxellois tentent aussi l’expérience. Barcelone, Rome ou Sao Paulo songent quant à eux à faire leur Nuit blanche dès l’année prochaine.

Par Renaud PILA (avec AFP) le 04 octobre 2002 à 17:57
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