© INTERNEBoualem Bensaïd et Smaïn Aït Ali Belkacem ont été condamnés mercredi à la réclusion criminelle à perpétuité pour trois attentats qui avaient fait huit morts et 200 blessés à Paris en 1995, au terme d'un procès de plus de cinq semaines qui n'aura pas répondu à toutes les questions de l'enquête. Après un délibéré de trois heures trente, la cour a assorti sa décision d'une peine de sûreté de 22 ans pour Bensaïd.
Mais les magistrats professionnels de la cour d'assises spéciale ont refusé de suivre le parquet général, en ne condamnant Bensaïd que comme complice -et non comme auteur principal- de l'attentat perpétré le 25 juillet au métro Saint-Michel. L'Algérien a accueilli sa condamnation en clamant : "Allah Akhbar, Dieu est grand". Lui et son co-accusé disposent de quelques jours pour faire appel.
"Je suis très content de ce verdict, maintenant il va falloir se reconstruire", a déclaré Jean-Claude Brocheriou, le père d'une jeune femme tuée à Saint Michel. "Je suis satisfaite, même si Boualem Bensaïd n'a pas été condamné en tant qu'auteur", a estimé pour sa part Dominique, la soeur de Véronique Brocheriou. Un homme à la stature massive portant djellaba et barbe noire, ne partageait pas ce soulagement : "Je jure devant Allah qu'ils ne feront pas la moitié de cette peine", a-t-il hurlé.
Doute
Très mal à l'aise dans ce dossier, l'avocat général n'avait pu clairement prouver mardi la culpabilité de Bensaïd à Saint-Michel, l'attentat le plus meurtrier (huit morts et 150 blessés) mais pour lequel l'accusation était le plus fragile. Ecartant le témoin occulaire le plus important, un gendarme qui n'avait pas reconnu Bensaïd, l'avocat général Gino Necchi avait évoqué une "justice des hommes" et non "pas une justice mathématique", basée sur des preuves uniquement "scientifiques". "Nous nous battons avec le code pénal, le code de procédure pénale. Eux se battent avec des bombes", avait-il conclu.
Mercredi, la défense avait tenté de profiter de son ultime temps de parole. Me Philippe Van der Meulen, avocat de Belkacem, n'avait pas pu faire grand chose, tant la culpabilité de son client dans la pose d'une bombe au Musée d'Orsay était évidente. "Je vois un exécutant, un combattant (...) Le mot +acquittement+ serait scandaleux. Et pourtant je suis convaincu que cette condamnation serait injustifiable, inéquitable", avait-il plaidé. Mais c'est surtout aux avocats de Bensaïd qu'était revenu la tâche d'instiller le doute dans l'esprit de la cour. A cet égard, il ont été entendus.
photo : Belkacem (g) et Bensaïd (d)
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