© INTERNELe porno a-t-il une place dans le Paysage Audivisuel Français ? Non, affirme le président du CSA, Dominique Baudis : il a déjà annoncé qu’il refuserait d'accorder une autorisation de diffusion à une nouvelle chaîne qui diffuserait des films pornographiques. Une déclaration qui a bien sûr réveillé les craintes de "retour à l’ordre moral", notamment à gauche, où l’on a également fustigé les initiatives de la nouvelle majorité à l'Assemblée visant à surtaxer, voire interdire ces films à la télévision. Invitée dimanche soir du Grand Jury-RTL-Le Monde-LCI, Ségolène Royal a tenu à afficher sa différence. Et à défendre, au nom de la protection de l’enfance, un "devoir d’ingérence" de l’Etat dans ce terrain des plus brûlants. Au risque de se trouver en porte-à-faux avec la position exprimée la veille sur Canal+ par Laurent Fabius, qui s’était déclaré d’emblée "contre la censure", jugeant que "s’il y a des chaînes qui diffusent ça, ça ne fait de mal à personne".
L’ancienne ministre socialiste de la famille et de l'enfance estime ainsi qu'il y a "une légitimité de l'Etat, des pouvoirs publics et des chaînes à s'interroger sur l'effet de la violence et de la pornographie", notamment à la télévision. Sur la question même de l’interdiction, elle est restée nuancée : "ordre moral non, principes moraux oui". Sur la position très tranchée de Dominique Baudis, même prudence : Ségolène Royal a refusé d'émettre un "avis péremptoire et autoritaire" à l’égard du président du CSA.
"Une forme insupportable de violence"
En somme, que préconise l’ex-ministre de la famille et de l'enfance ? "A une époque où on s'occupe beaucoup de sécurité alimentaire, il y aurait quand même un étrange paradoxe à ne pas s'occuper de l'impact des images sur les plus jeunes", affirme-t-elle. "Je crois que projeter des images pornographiques à des jeunes enfants c'est une forme insupportable de violence et la télévision doit faire des progrès pour lutter contre cette violence". Encadrer le plus trictement possible le porno à la télévision, sans aller jusqu’à l’interdire : c’est dans cette marge étroite que se situe donc Ségolène Royal.
Pour elle, il ne faut "pas avoir peur d'affirmer un certain nombre de principes". "Il s'agit d'abord, a-t-elle précisé, de protéger les mineurs en appliquant tout simplement la loi" existante. "Il faut procéder avec beaucoup de sérénité et beaucoup de détermination", a ajouté Ségolène Royal en précisant qu'elle souhaitait notamment une réforme des conseils d'administration des chaînes pour qu'y siègent des associations représentatives du monde éducatif", comme les associations de parents. Elle a également suggéré des solutions comme un double cryptage des films pornographiques et leur diffusion à des heures tardives.
Photo d’ouverture : Ségolène Royal sur le plateau du Grand Jury, dimanche soir - DR
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