© INTERNEIrascible, parfois amnésique, affirmant "ne pas croire en la justice", Nasserdine Slimani, unique témoin de l'accusation, a affirmé lundi que Boualem Bensaïd ne lui avait jamais avoué son rôle dans l'explosion de Saint-Michel, contrairement à de précédentes déclarations. Il a reconnu en revanche avoir pris, sous sa dictée, la composition d'une charge explosive.
Le 31 octobre 1995, les deux hommes se rencontrent à Paris. Ils marcheront toute la journée, suivis par la police, en passant par Bastille, l'Hôtel de Ville, Notre-Dame, le quai Saint-Michel, Châtelet, Opéra et Saint-Lazare. Entendu en garde à vue puis par un juge d'instruction, Slimani affirme que ce jour-là, Bensaïd lui a vanté ses actions. "Il m'a dit qu'il avait participé à au moins deux attentats, dont un s'était passé dans le métro. Il m'a dit une phrase en arabe qui voulait dire qu'on était passé devant", dit-il au juge en novembre 1996, après une reconstitution du trajet parcouru.
"Les bombes, c'était le sujet d'actualité en 1995"
En 2000, il écrira à Me Guillaume Barbe, l'un des avocats de Bensaïd, pour dénoncer ses propos. Et devant la cour lundi, il a maintenu ses dénégations. "Pourquoi êtes-vous là ?", lui demande le président de la cour Jean-Pierre Getti. "Pour démentir certaines choses", répond Slimani. "Bensaïd n'a jamais parlé de quoi que ce soit. Devant la police, je n'ai fait que signer les procès-verbaux. Je n'ai jamais fait de déclarations", ajoute-t-il. "Et j'apprends plus tard que Bensaïd a été mis en examen sur la foi de mes déclarations", s'insurge-t-il.
Slimani aimerait bien oublier ses années dans l'entourage du réseau, qui lui ont valu une condamnation en 1999 à huit ans d'emprisonnement pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste". "J'ai pas envie de revenir en arrière", dit-il. "Et bien moi, j'en ai besoin", rétorque le président. Pièce à l'appui, le magistrat évoque une liste d'éléments nécessaires à la fabrication d'une bombe, qu'il a prise sous la dictée de Bensaïd. Comme la liste est au dossier, Slimani ne nie pas. Mais pour seule défense, il plaide la barrière de la langue. Le président se tourne alors vers Bensaïd. Mais l'accusé ne semble nullement déstabilisé. "Je n'ai pas le souvenir de cette liste. Même si je l'ai fait, elle était dans tous les journaux et c'était un sujet de discussion. Les bombes, c'était le sujet d'actualité en 1995. Et je peux demander une recette de cuisine sans la faire à la maison", répond-il.
Aujourd'hui,
des familles des passagers du RER morts le 25 juillet 1995 viendront à la barre pour évoquer le drame.Photo AFP : croquis de Nasserdine Slimani devant les assises de Paris, lundi.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




