© INTERNELongtemps enviée et respectée, l'Ecole nationale d'Administration (ENA) est aujourd'hui sur le grill. Il y a quelques jours, la commission des Finances de l'Assemblée adoptait un amendement déposé par l'UMP Louis Giscard d'Estaing. Le député proposait tout de go de diminuer de 5 millions d'euros les crédits de fonctionnement de l'école en 2003 afin de réduire les effectifs des futures promotions de cette pépinière des hauts fonctionnaires créée en 1945.
Objectif du fils de l'ancien président de la République, qui n'est pas énarque : réviser à la baisse les promotions de l'ENA qui, selon lui, sont "trop importantes" au regard notamment du projet de décentralisation. "Depuis sa création, l'ENA a vu les effectifs de ses promotions augmenter. Ils sont aujourd'hui 120 élèves à l'issue du concours d'entrée 2002. Compte tenu d'une part de la nécessité d'offrir à la sortie de cette école des débouchés correspondant à leur formation à l'ensemble des élèves, et d'autre part de l'évolution envisagée des effectifs des services centraux de l'Etat dans le cadre du projet de décentralisation, il convient de réviser à la baisse les effectifs des promotions futures de cette école", relevait-il.
Vers une suppression ?
Exit donc les nouveaux Chirac, Jospin, Juppé, Chevènement ou Fabius ? Les réseaux tissés autour des anciens de l'ENA, pensait-on, auraient raison des mauvaises intentions de ce député. Las. Mercredi 30 octobre, certains ont proposé d'aller plus loin encore. Deux députés UMP proches d'Alain Madelin, Jean-Michel Fourgous et Hervé Novelli, ont annoncé mercredi qu'ils allaient déposer un amendement visant à supprimer l'ENA. Ils estiment que "le maintien de l'école au-delà de 2003 n'a plus lieu d'être". Et les deux hommes d'invoquer comme Louis Giscard d'Estaing "la mise en œuvre de la décentralisation" et "la recherche d'une plus grande efficience dans la gestion de l'Etat".
MM. Fourgous et Novelli, qui dirigent le groupe "Génération entreprise", proposent dans leur amendement de réduire de 15,4 millions d'euros les crédits de fonctionnement de l'Ecole nationale d'administration en 2003. Ils précisent que cette réduction de moitié des crédits pour l'ENA permettra à celle-ci "d'achever la formation des élèves en cours d'études" et proposent, en remplacement, la création d'un master de gestion publique dispensé dans le cadre universitaire. L'amendement sera examiné en séance publique le 7 novembre.
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