© INTERNELes responsables de l'UDF ayant rejoint l'UMP se sont efforcés dimanche, avec Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé, de convaincre les adhérents de leur parti que les valeurs fondatrices de l'UDF, l'Europe et la décentralisation, étaient au coeur de la nouvelle formation chiraquienne. A l'inverse du RPR et de Démocratie libérale d'Alain Madelin, qui se sont auto-dissoutes pour se fondre dans l'UMP le 21 septembre, l'UDF reste en effet présente dans la vie politique derrière son président François Bayrou, fermement opposé à l'UMP.
Cette réunion organisée par des responsables de toutes les familles qui composaient l'UDF historique avait pour but de démontrer que les libéro-centristes étaient néanmoins partie prenante de l'UMP. "Nous créons ensemble une force politique nouvelle", a affirmé Renaud Donnedieu de abres, tandis que Jacques Barrot, président du groupe UMP à l'Assemblée et ancien dirigeant du CDS, affirmait: "nous sommes des fondateurs de cette UMP". Le président Jacques Chirac, dans un message lu par M. Barrot, a également insisté sur la reconnaissance de l'identité libéro-centriste en déclarant aux UDF qu'il avait "besoin" d'eux car "l'union ne serait pas l'union sans les démocrates-sociaux, les libéraux et les radicaux".
Caution de VGE
Peu après l'ouverture des travaux, devant un millier de participants selon les organisateurs, M. Raffarin, dont l'UDF est la famille d'origine, a demandé à ses amis d'apporter leur "mobilisation pour l'échéance européenne". Cette mobilisation est "dans vos gènes politiques et nous en avons besoin", a dit le Premier ministre. Et il a fait applaudir le nom de Valéry Giscard d'Estaing, fondateur de l'UDF, dont il est un des proches. M. Raffarin a aussi plaidé à nouveau pour l'union. "Regardez ceux qui à l'intérieur même des familles politiques aujourd'hui se divisent et polémiquent avec quelquefois des qualificatifs peu enviables. C'est pas notre route", a-t-il affirmé, faisant implicitement référence aux querelles au PS.
Le président de l'UMP Alain Juppé a lui aussi repris le thème de l'Europe pour montrer aux UDF que leurs valeurs ne disparaissaient pas. "Il reste des différences mais voyez comment les choses évoluent", a-t-il dit. Et face à ceux qui s'inquiètent d'une éventuelle prééminence des gaullistes dans l'UMP, il s'est "engagé" à ce que "le pragmatisme triomphe définitivement du caporalisme" dans la nouvelle formation. "Il n'y a pas de droit d'aînesse au sein de l'UMP", a affirmé M. Barrot.
Philippe Douste-Blazy, secrétaire général de l'UMP et ancien président du groupe UDF à l'Assemblée, a affirmé que l'UMP n'était pas "une nouvelle machine de guerre au profit d'un seul homme". Il a, sans les nommer, critiqué François Bayrou et ses anciens amis: "à force de ne pas savoir où ils sont et peut-être qui ils sont, ils risquent de finir par ne se situer nulle part", a-t-il dit.
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