© INTERNELe procès en appel de Francis Heaulme s'est ouvert mardi matin devant la cour d'assises de Meurthe-et-Moselle, à Nancy. Il doit durer jusqu'à vendredi. Avec son co-accusé Philippe Elivon, il doit répondre du meurtre d'Annick Maurice, disparue le 30 décembre 1986 près de Metz. En première instance, en décembre 2001, les jurés de Moselle l'avaient condamné à trente ans de prison, la peine maximum pour la qualification retenue. Philippe Elivon avait quant à lui été écopé de quinze ans de réclusion. Pour ce procès en appel, l'un des principaux témoins pourrait être... Patrick Dils. A deux reprises déjà, Francis Heaulme a été entendu comme témoin dans un procès de Patrick Dils. La première fois, c'était en juin 2001 à Reims lors de la révision de l'affaire de Montigny-lès-Metz -le double meurtre d'Alexandre et de Cyril en septembre 1986. La seconde, c'était lors du procès en appel en avril dernier, qui a finalement vu l'acquittement de Patrick Dils.
Le "routard du crime", condamné à six reprises dans le passé, était interrogé sur sa présence sur les lieux du crime, le jour du crime. Les défenseurs de Patrick Dils espéraient qu'il avoue. Mais s'il a bien admis avoir vu les victimes, il a nié les avoir tuées. Et a également indiqué qu'il savait que Patrick Dils n'était pas non plus l'auteur des meurtres. Pour quelle raison était-il si catégorique alors qu'il ne connait pas Patrick Dils ? "Parce que je ne vois pas un jeune de seize ans tuer deux enfants. Moi je suis un tueur en série et je sais qu'il faut de la force pour tuer".*
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"Une pure fantaisie"
Cette semaine, c'est Patrick Dils qui est donc cité comme témoin de la défense dans un procès de Francis Heaulme. La défense de Francis Heaulme veut le faire témoigner ; et mardi, à l'ouverture du procès, Francis Heaulme lui-même a réclamé sa présence : "je connais M. Dils et je demande qu'il soit présent", a-t-il déclaré. L'intéressé, lui, a fait savoir qu'il refusait de témoigner. "Je ne peux que jurer sans haine et sans crainte ne pouvoir témoigner sur des faits que j'ignore", indique sa lettre lue pendant l'audience. La cour d'assises va donc devoir se prononcer mercredi sur sa comparution.
Mais deux questions restent encore en suspens autour de cette citation : tout d'abord, pourquoi demander à Patrick Dils de témoigner en faveur de la défense ? Me Liliane Glock, l'avocate de Francis Heaume, refuse de donner des explications. Ensuite, quelles sont les chances de voir Patrick Dils à la barre ? "C'est une pure fantaisie, une citation pour réaliser un coup médiatique. C'est regrettable" estime Me Jean-Marc Florand, le conseil de Patrick Dils. "On peut être cité dans un tel procès comme témoin de moralité quand on connaît l'accusé en tant que proche ou membre de la famille, ce qui n'est pas le cas. Ou bien on peut être cité comme témoin des faits, ce qui n'est pas le cas non plus, puisque Patrick Dils était en prison au moment des faits" explique-t-il. "Le président de la cour d'assises a le pouvoir d'écarter les témoins fantaisistes et j'espère qu'il le fera. Patrick Dils n'a rien à dire à la cour" ajoute Me Florand.Les condamnations de Francis Heaulme |
- 29 janvier 1994 : condamnation par la cour d'assises du Finistère à 20 ans de prison pour le meurtre, sur une plage de Brest en mai 1989, d'Aline, une aide-soignante. |
* "Je voulais juste rentrer chez moi...", de Patrick Dils, Editions Michel Lafon-Paul Férel
photo-montage : Patrick Dils (g) et Francis Heaulme (d)
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