Juppé président de l'"Union pour un mouvement populaire"

Par F.A., le 18 novembre 2002 à 18h05 , mis à jour le 17 novembre 2002 à 15h58

Comme on s'y attendait, l'ancien Premier ministre a été élu à la tête du nouveau parti unique de la droite et du centre. Il a recueilli près de 80% des voix des militants, qui ont choisi le nom d"Union pour un mouvement populaire".

juppe congres ump © INTERNE

Ce n'est pas une surprise : Alain Juppé a été élu président de l'UMP avec 79,42% des voix ce dimanche au congrès fondateur du parti unique de la droite qui a réuni environ 10 000 militants au Bourget. Le sénateur-maire de Marseille Jean-Claude Gaudin et le député-maire de Toulouse Philippe Douste-Blazy ont été élus sur le même ticket que le député-maire de Bordeaux, comme président délégué et secrétaire général.

L'abstention est cependant très importante puisqu'il n'y a eu que 48 171 suffrages exprimés pour 164 500 électeurs inscrits, soit un faible taux de participation de 29,28%. Derrière l'ancien locataire de Matignon, Nicolas Dupont-Aignan, animateur du mouvement souverainiste "Debout la France", a obtenu 14,91% des voix. Les trois autres candidats, Rachid Kaci, Brigitte Freytag et Mourad Ghazli ont respectivement recueilli 3,17%, 1,7% et 0,8%.

"La feuille de route" de Chirac


Le nouveau logo-
Outre l'identité du président, une autre question restait en suspens :  le choix par les militants du nom définitif et du logo de la formation. Pour faire écho à l'"Union pour la majorité présidentielle" de la campagne des législatives, ils devaient trancher entre "Union pour un mouvement populaire" ou "Union populaire". Ils ont finalement préféré la première possibilité (36 662 voix contre 6 467). Le logo retenu est un arbre blanc sur fond rouge et bleu.

Dans un message lu par Alain Juppé, Jacques Chirac a appelé les militants du nouveau parti à construire "un mouvement populaire, en prise directe sur les évolutions de notre société et les aspirations des Français". Le chef de l'Etat a également fixé "la feuille de route de l'Union", en l'invitant notamment à conduire "avec courage et pragmatisme les réformes nécessaires". 

Clubs et courants

Alain Juppé ne devrait pas être président d'un groupe monolithique. Clubs et groupes de réflexion se sont déjà créés autour de différentes sensibilités (gaulliste, sociale, libérale...), préfigurant les courants qui seront officiellement autorisés à partir de 2003. Et si l'UMP a pour vocation première de "soutenir l'action du président de la République et du gouvernement", plusieurs députés (auto-baptisés "les réformateurs") ont commencé à montrer des signes d'impatience, manifestant leur volonté d'influer davantage sur l'action de Jean-Pierre Raffarin.

Pour tenir, l'union de la droite et du centre devra par ailleurs éviter la guerre des chefs qui se profile à l'horizon de 2004, année d'échéances électorales européennes, régionales et cantonales. Or, Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, à qui l'on prête, tout comme à Alain Juppé, des visées élyséennes pour 2007, a clairement signifié à ce dernier qu'il faudrait compter avec lui. "L'UMP sera une affaire d'équipe ou ne sera pas". Autant de risques pour la droite unifiée de continuer à s'entredéchirer... comme par le passé.

Par F.A. le 18 novembre 2002 à 18:05
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