© INTERNEAprès Jean-Pierre Chevènement lors du procès de première instance, Lionel Jospin témoignera-t-il à son tour dans l'affaire des paillotes ? La cour d'appel de Bastia, où se déroule depuis lundi le procès en appel, n'exclut pas en effet de faire venir à la barre l'ancien Premier ministre, qui a été cité par Bernard Bonnet, l'ancien préfet de Corse. Dominique Charvet, le président du tribunal, a souligné qu'il décidera "de la pertinence" d'une convocation de l'ancien locataire de Matignon "au vu des débats. On verra s'il est utile de demander sa venue pour éclairer" l'affaire. Si tel était le cas, cette venue constituerait le moment fort du procès.
Dans un courrier adressé à la Cour et lu lundi, Lionel Jospin indique ne pas souhaiter déférer à la citation de Me Jacques Vergès, le nouvel avocat de Bernard Bonnet. Il explique "avoir été complètement étranger au déroulement des faits". Mais il se dit néanmoins "à la disposition de la justice" si la Cour estime nécessaire de l'entendre. Lors de la première audience, Me Vergès a justement qualifié cette présence de "nécessaire". "Nous avons des questions à lui poser. Etait-il au courant d'opérations" demandées aux gendarmes "en dehors de la connaissance du préfet ?" s'interroge Me Vergès. Le représentant du parquet, Patrick Lalande, a pour sa part demandé de "passer outre" la requête de Me Vergès
Bonnet "en total désaccord" avec sa condamnation
La cour n'a également pas jugé pertinent de convoquer l'ancien ministre de la Défense Alain Richard, ni l'ex-directeur de cabinet de Lionel Jospin, Olivier Schrameck, comme le demandait Bernard Bonnet. En revanche, les anciens conseillers à Matignon Alain Christnacht et Clotilde Valter, déjà entendus à Ajaccio, témoigneront de nouveau vendredi.
En fin d'audience, après que le préfet a clamé une nouvelle fois son innocence, la cour s'est replongée dans le scénario abracadabrant de l'incendie de la paillote "Chez Francis" dans la nuit du 19 au 20 avril 1999. Cinq gendarmes, membres du groupe de peloton de sécurité, ont reconnu en être les auteurs, affirmant avoir agi sur ordre de leur chef, le colonel Henri Mazères. Ce dernier a aussi admis les faits, tout comme l'ex-directeur de cabinet du préfet, Gérard Pardini. Ces deux anciens proches collaborateurs de Bernard Bonnet ont expliqué avoir obéi à ses ordres.
(photo d'archives : Lionel Jospin)
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