© INTERNEElu à la tête de l'UMP le 17 novembre dernier, Alain Juppé n'aura peut-être pas l'occasion de profiter longtemps de son mandat. Sur le plan politique, le patron de l'UMP doit déjà affronter la grogne de Nicolas Sarkozy qui déplore la marginalisation de ses partisans. Le front judiciaire est encore plus trouble : placé sous "une épée de Damoclès" depuis sa triple mise en examen dans l'enquête sur les emplois présumés fictifs du RPR, l'ancien bras droit de Jacques Chirac a été récemment mis en cause par un des ses anciens collaborateurs.
Le quotidien Le Monde révèle cet après-midi que Michel Roussin, l'ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris, a affirmé le 3 octobre face au juge Philibeaux qu'Alain Juppé avait été "le commanditaire de l'un des emplois pris en charge abusivement par la Mairie de Paris" alors qu'il travaillait effectivement pour le RPR. A l'occasion de cet interrogatoire, M. Roussin a assuré, à propos du recrutement par la ville de Noredine Cherkaoui, un ancien secrétaire national du RPR, qu'il "n'avait pas l'initiative d'une embauche de ce genre". "Il y avait obligatoirement à la base une demande, soit d'un élu, soit d'une direction de l'administration municipale. La demande, en l'espèce de M. Juppé, m'a été transmise et c'est en réponse à cette demande que j'ai saisi l'administration générale", a-t-il ajouté. Cette déclaration, rappelle Le Monde, contraste singulièrement avec la précédente déclaration de M. Roussin. Devant le magistrat en charge du dossier, celui-ci avait alors affirmé, le 13 octobre 1998, que la demande d'emploi de M. Cherkaoui ne pouvait provenir que "d'une mairie d'arrondissement".
"Je ne sais pas comment je réagirai..."
Cette nouvelle mise en cause arrive au plus mauvais moment pour Alain Juppé. Après avoir refusé, pour des raisons de procédure, de se rendre à la convocation du juge Desmure en octobre 1998, l'ancien premier ministre aura bien du mal à éviter la tenue d'un procès au courant de l'année 2003. Il risque de la prison avec sursis mais surtout deux ans d'inéligibilité. Autant dire que ses velléités présidentielles en vue des élections de 2007 disparaîtraient corps et biens.
Interrogé le 14 novembre par Le Nouvel Observateur, Alain Juppé avait évoqué l'hypothèse de sa condamnation. "Dans ce cas, j'abandonnerai la politique, déclarait-il. C'est une question d'éthique personnelle." Avant d'ajouter, elliptique : "Je l'ai dit à Jacques Chirac, les yeux dans les yeux. Je ne sais pas comment je réagirai si je suis condamné à une peine infamante."
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