© ManreoLe retour en France jeudi dernier de Djellali Diffalah, le frère de Fatia Bechiri, écrouée avec son mari Ahmed pour leur complicité présumée dans le complot contre leur ancien gendre Besseghir va-t-il permettre d’éclaircir l’affaire du " bagagiste de Roissy " ? A en croire ses premières déclarations, le mystère reste entier.
Placé en détention provisoire à la Santé après une garde à vue au quai des Orfèvres, Diffalah a été mis en examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse" et "complicité de dénonciation d'un crime ou délit imaginaire", soit les mêmes motifs qui visent les quatre autres protagonistes du dossier, les ex-beaux parents de Besseghir et les deux exécutants présumés du complot, l’ancien militaire Marcel Le Hir et le pseudo détective privé Patrick Pouchoulin.
Des armes vierges d'empreintes
Accusé par ces deux hommes de main d’avoir fourni les armes et les explosifs ayant permis de faire passer le bagagiste pour un terroriste, Diffalah nie toute responsabilité. Les policiers trouveront dans la 206 de Besseghir un arsenal qualifiée " de grande valeur " par une source proche de l’enquête : des explosifs, des détonateurs, un pistolet automatique et un pistolet mitrailleur. Qui a fourni ces armes ? Accusé par Pouchoulin et Le Hir d’être le fournisseur, Diffalah nie en bloc. Et ce ne sont pas les empreintes qui pourront aider les enquêteurs. Car, élément nouveau de l'enquête, il n’y en aurait pas, a-t-on appris de source informée. Qui plus est, ces armes n’auraient également jamais servi.
" Il a appris par sa sœur et Pouchoulin que quelque chose se préparait pour envoyer Besseghir en prison mais il n’a pas su quoi, qui et selon quelles modalités " a expliqué à tf1.fr son avocat Me Mario-Pierre Stasi. " Juste au courant du complot ", c’est également la défense de Fatia Bechiri.. C’est une famille Bechiri aujourd’hui déchirée qui devra s’expliquer lors d’une confrontation générale chez le juge Roger Le Loire le 14 février. D’ici là, le magistrat aura le temps de prendre connaissance de l’intégralité du dossier que lui a transmis récemment le juge antiterroriste Gilbert Thiel, précédemment saisi de l’affaire.
" Jamais condamné "
Au moment où la machination contre Besseghir est révélée, le 10 janvier, par le duo de privés et confirmée par Fatia Bechiri, son frère, Diffalah, est en Algérie. " Il y est parti le lundi 6 janvier pour voir sa mère, près d’Oran ; âgée de 75 ans, elle a fait une mauvaise chute. Quand il est parti, l’affaire Besseghir n’était pas encore devenu un complot et il est revenu en parfaite coordination avec les enquêteurs " souligne Me Stasi. Domicilié aux Pavillons-sous-bois, en Seine-Saint-Denis, cet homme d’une cinquantaine d’années est père d’un enfant de 6 ans et bientôt d’un deuxième, et vit de petits boulots. Connu des services de police pour des petites affaires d’escroquerie ou d’abus de confiance, "il n’a toutefois jamais été condamné", affirme une source proche du dossier.
Nombreux coups de fil entre Pouchoulin et Diffalah
Comme sa sœur et son beau-frère, Diffalah vit depuis septembre dernier avec la douleur de la mort de Louisa, fille des Bechiri et épouse de Besseghir avec qui elle ne s’est jamais entendue. Un suicide par le feu, conclut l’enquête. Mais les parents sont persuadés que leur fille a été tuée et leur décision de déposer une plainte a entraîné en décembre l’ouverture d’une information judiciaire. Même tristesse chez Patrick Pouchoulin, ami d’enfance de Fatia et de son frère; les deux familles habitaient autrefois côte à côte, aux Pavillons-sous-Bois. Ce dernier a affirmé aux enquêteurs avoir été chargé par les Bechiri de piéger le bagagiste avec son complice Marcel Le Hir.
De source informée, on indique que les coups de fil entre Pouchoulin et Diffalah étaient nombreux et cela depuis longtemps; on en compterait plusieurs dizaines en décembre. Mais lorsque Pouchoulin appelle Diffalah le 28 décembre vers 4 heures du matin, ce dernier affirme lui avoir demandé les raisons d’un appel aussi tardif. Cette nuit là, des armes et des explosifs seront placés dans la 206 de Besseghir, sur le parking de Roissy.
Photo de Une (LCI) : le bagagiste Abderazak Besseghir
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