© INTERNE"C’est un accident probable à 99%" déclarait le procureur Michel Bréard au lendemain de l’explosion de l’usine AZF intervenue le 20 septembre 2001. Depuis, enquête et reconstitution n’ont toujours pas permis de démontrer l’accident industriel. Thierry Perriquet, le nouveau juge d’instruction nommé l’été dernier, aurait décidé de reprendre l’enquête à zéro, y compris la piste d’un éventuel attentat. Dans leurs éditions datées du 16 janvier, L’Express et le Figaro, qui avaient déjà publié de précédents articles tendant à accréditer la thèse de l'attentat, révèlent une série d’éléments susceptibles de relancer cette piste.
"Les journalistes qui ont pondu ces articles manquent singulièrement d'objectivité. Ce n'est pas sérieux", a précisé à l'AFP une "source proche de l'enquête", relevant de nombreux "mensonges". Par ailleurs, le directeur du SRPJ de Toulouse, en charge de l'enquête sur l'explosion, a considère que "le SRPJ a fait son travail avec sérieux et professionnalisme". Enfin, le procureur de la République de Toulouse a indiqué qu'il ne répondrait pas à ces articles avant un point-presse programmé lundi à 11 heures.
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- Reconstitution : Selon l'hebdomadaire l'Express, l'hypothèse judiciaire d'une explosion accidentelle due à un mélange fortuit d'ammonitrates avec des produits chlorés a notamment subi un "magistral revers" lors d'une reconstitution sur le site de l'usine chimique en octobre 2002. Cette reconstitution aurait permis de "vérifier in vivo ce que les deux ouvriers de l'usine mis en examen pour homicide involontaire ne cessaient de répéter : 'impossible de confondre les deux produits'".
- Disparitions suspectes : L’Express révèle que quelques jours avant le drame 21 kilos de "chrome 6" – puissant oxydant – ont mystérieusement disparu. Par ailleurs, deux expertises médicales manquent au dossier : il s’agit des "examens de corps " de Hassan J. et d’un autre manutentionnaire de son équipe, Abder T. , tué lui aussi par l’explosion.
- Deux cadavres de trop ont été retrouvés dans le cratère, révèle l'Express, documents à l'appui. Rien ne permet aujourd’hui de déterminer qui sont ces deux hommes.
- Le rapport sur Hassan J, employé intérimaire retrouvé mort au bord du cratère, est resté inexploité. Pourquoi ? L’individu portait plusieurs slips sur lui. Selon l’enquête de l’Express il s’agit "d’un rituel bien connu des spécialistes du terrorisme islamiste" et "recommandé par Al-Qaeda dans la lettre intitulée ‘le dernier jour’, retrouvée dans les bagages des terroristes du World Trade Center ". Aucune enquête n’a été menée pour vérifier son emploi du temps, alors que les RG le signalait comme proche de la mouvance islamiste.
- Un autre salarié d'AZF, Samir A., étudiant originaire d'Algérie, présenterait un "curieux profil". Une perquisition à son domicile aurait permis de retrouver un devis de 120.000 francs (environ 18.300 euros) pour l'achat de livres sur la chimie. "Le SRPJ est resté plus que discret sur ce troisième intérimaire", commente l’Express.
- L'explosion a été revendiquée au nom de plusieurs groupes, notamment le Jihad islamique et Alpha Bravo. Mais selon une source proche de l'enquête, ces revendications ont été considérées comme sans aucune "crédibilité".
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