AZF : le procureur réfute l'attentat

Par afp, le 21 janvier 2003 à 17h37 , mis à jour le 21 janvier 2003 à 07h47

Michel Bréard fustige les éléments présentés la semaine dernière par L'Express et Le Figaro soutenant la thèse de l'attentat.

toulouse azf 2002 © INTERNE

"Les prétendus éléments nouveaux ne sauraient constituer des nouvelles dans la mesure où ils figurent déjà au dossier et ont fait l'objet d'investigations dans le cadre de l'information en cours". Michel Bréard, le procureur de Toulouse, a rejeté une nouvelle fois en bloc la piste de l'attentat dans l'enquête sur l'explosion de l'usine AZF le 21 septembre 2001, relancée la semaine dernière par L'Express et Le Figaro. Le magistrat qualifie les articles des deux journaux de "présentation tendancieuse", "contre-vérités manifestes", "analyse partiale, partielle ou déformée des faits", "accusations graves et non prouvées".

"Tout ce que j'ai écrit est vrai, le procureur le sait" rétorque la journaliste de L'Express Anne-Marie Casterets, convoquée lundi après-midi, comme son confrère du Figaro Marc Menessier, par le juge d'instruction Thierry Perriquet, en charge du dossier. Prenant le contre-pied de la piste privilégiée par l'enquête, qui explique l'explosion par un dépôt fortuit de chlore dans un hangar d'ammonitrates, les deux journaux avaient évoqué des éléments qui, selon eux, constituent des pistes inexploitées par les enquêteurs ou des irrégularités dans le dossier.

Pas de traces de chrome

Interrogé lors de son point-presse sur ces éléments, le procureur a été catégorique. Les divers courriers parvenus à la justice et à la presse ? "Ce ne sont pas des revendications véritables". L'énigmatique disparition de pièces du dossier ? "Il n'y en a pas eu à ma connaissance". La commande d'ouvrages scientifiques par un agent d'entretien intérimaire de l'usine AZF pour un montant de plus de 18.000 euros? "Un simple devis ne comportant pas d'ouvrages de chimie appliquée".

Evoquant la nouvelle mise en cause d'un ouvrier d'origine maghrébine, mort dans l'explosion, qui serait arrivé à la morgue "très propre", le procureur est apparu excédé. Cet homme "était comme un ouvrier qui vient de décéder à son poste de travail (...), il était couvert et maculé de gravats et portait plusieurs traces de fractures" insiste-il en précisant que des photos figurant au dossier "depuis le début de l'enquête" le prouvent.

Au sujet de la disparition de onze flacons de trioxyde de chrome, révélée par L'Express et Le Figaro, il souligne qu'en dépit de "centaines de prélèvements (sur les victimes, dans le cratère, lors de carottages...), on a pas retrouvé de traces de chrome". Cependant, d'autres recherches vont être effectuées.

Par afp le 21 janvier 2003 à 17:37
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