© INTERNEQuarante-huit heures après sa condamnation à 30 mois de prison par la cour d'appel de Paris, Loïk Le Floch Prigent a mis un terme aux rumeurs insistantes faisant état de sa fuite à l'étranger. Vendredi matin, l'ex-patron d'Elf s'est constitué prisonnier en se présentant vers 8H00 au parquet général de la cour d'appel de Paris. Après s'être vu signifié son mandat d'arrêt, il a été écroué à la maison d'arrêt de Fresnes (Val-de-Marne).
"Ces deux jours lui ont permis de prendre un peu de recul. Aujourd'hui, il est combatif même s'il se considère victime d'un acharnement", a déclaré à tf1.fr un de ses défenseurs, Maître Lantourne. "Il a le sentiment de payer un prix très fort dans cette affaire où rien ne l'accable". L'avocat devrait présenter dans la journée une demande de remise en liberté pour son client, ainsi qu'un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour d'appel.
"Il n'avait pas l'intention de prendre la fuite"
Loïk Le Floch Prigent, qui supportait mal l'idée d'un retour en prison - il a déjà effectué près de six mois de détention provisoire dans le dossier principal de l'affaire Elf -, était absent mercredi lors du prononcé de sa condamnation, officiellement pour "des raisons de santé", selon sa défense. En réalité, dans l'entourage de Le Floch, le scénario du mandat de dépôt, c'est-à-dire de l'incarcération, avait été envisagé. "Il n'avait aucune envie d'être arrêté à l'audience", explique à tf1.fr un de ses proches. "A chaque fois que la justice a demandé à le rencontrer, il s'est toujours présenté. Il y a deux semaines, il était encore à l'étranger. Ça ne l'a pas empêché de revenir à Paris. Franchement, il n'avait jamais eu l'intention de prendre la fuite", assure-t-il. Interrogée sur Europe 1 ce matin, Marlène Le Floch-Prigent, son épouse, s'est déclarée "inquiète pour la vie" de son mari, "malade, épuisé et dans un état de santé grave".
Une chose est sûre, l'incarcération de l'ex-patron d'Elf va compliquer la tâche de ses avocats. "On le prive d'exercer correctement sa défense pour le 17 mars, c'est ingérable, regrette Maurice Lantourne. Un détenu à Fresnes, un dossier de 250 tomes, 1000 pages de réquisitoire, 34 chefs de mise en examen, un dossier financier très technique, comment voulez-vous travailler dans de bonnes conditions ?", lance-t-il.
Loïk Le Floch Prigent et son ancien bras droit chez Elf, Alfred Sirven, devraient donc comparaître détenus aux côtés de 35 autres prévenus - libres, eux - devant le tribunal correctionnel de Paris à compter du 17 mars pour le volet général du procès Elf. Un marathon judiciaire qui devrait durer quatre mois.
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