© INTERNECette fois, la réforme du mode de scrutin pour les élections européennes est bouclée. Après des mois de tergiversations et de discussions, notamment avec l'UMP, Jean-Pierre Raffarin a tranché : à partir de 2004, date des prochaines élections, la circonscription nationale sera abandonnée au profit de huit "grandes régions" et de listes régionales.
Par ailleurs, il change le mode de scrutin régional, en instaurant une élection à deux tours au lieu d'un, comme le prévoyait déjà la loi de 1999 non encore appliquée, et en portant le mandat à six ans au lieu de cinq.
"L'objectif de la réforme des européennes est de rapprocher l'élu européen du citoyen", a déclaré le porte-parole du gouvernement Jean-François Coppé à quelques journalistes. Pour les régionales, il s'agit de "calquer le scrutin sur celui des municipales". La réforme, qui va être soumise pour avis au Conseil d'Etat puis examinée au Conseil des ministres, doit être définitivement adoptée par le Parlement "avant la fin mars". Le projet se veut consensuel et s'inspire tant des ébauches de Michel Barnier et Jean-Pierre Raffarin en 1996 que de celles de Lionel Jospin et Jean-Pierre Chevènement en 1998.
L'UMP et le PS favorisés
En réalité, dans la tête du Premier ministre depuis l'été, cette régionalisation du scrutin a des visées politiques : cette réforme a pour conséquence de désavantager les petites et moyennes formations politiques en atténuant les effets de la proportionnelle et limitant le nombre de leurs élus. Principalement visée, l'UDF; François Bayrou voulait en effet profiter de cette tribune européenne en 2004 pour exister face à l'UMP d' Alain Juppé qui approuve le projet. "C'est une tromperie, c'est un méli-mélo" répond le président de l'UDF.
Le PS se montre aussi plutôt satisfait par cette réforme. "Ca fait longtemps qu'on souhaitait des grandes circonscriptions régionales pour favoriser une plus grande proximité avec les citoyens et pour assurer le caractère proportionnel de l'élection", a ainsi déclaré Bruno Le Roux, le secrétaire national aux élections du PS. Il s'est félicité que le gouvernement "vienne sur la position de Lionel Jospin".
En revanche, le délégué général du FN Bruno Gollnisch estime que les projets gouvernementaux de réforme du scrutin européen ajoutaient "l'illogisme le plus total à la violation de l'intérêt national". Même opposition du PCF; le Parti communiste dénonce le "charcutage" de la réforme et critique ce "type de tripatouillages politiciens qui contribue à éloigner nos concitoyens de la politique".
Photo de Une : députés européens
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