Intempéries : les explications et la polémique

Par , le 05 janvier 2003 à 14h46 , mis à jour le 14 février 2004 à 14h14

Comment des chutes de neige peuvent-elles paralyser le Nord de la France début janvier ? Le ministre des Transports annonce que deux missions d'inspection vont être lancées pour déterminer les responsabilités.

Neige autoroute Ile-de-France © INTERNE


Les saleuses sorties trop tard ?-
Gilles de Robien a annoncé que deux missions d'inspection -aviation civile et autoroutes- vont être mises en place pour trouver des "explications" sur l'ampleur des conséquences des chutes de neige de samedi. "Il y a eu, semble-t-il, de vrais problèmes d'information aussi bien au niveau des routes, des autoroutes mais aussi de l'aviation. Je crois que les gens ont besoin d'informations dans des moments aussi difficiles que ceux-là. Je cherche aussi des explications pour savoir ce qui s'est passé et comment les faits se sont déroulés". 

Difficile en effet de comprendre pourquoi des chutes de neige survenant début janvier peuvent provoquer une telle pagaille dans le Nord du pays, pourtant susceptible de subir ces intempéries. Tentative d'explication.

Météo France avait-elle annoncé des chutes de neige ?
OUI.
Il suffit de reprendre les bulletins météo de vendredi et de samedi. La neige était annoncée dans le Nord-Pas-de-Calais et en montagne.

Météo France avait-elle prévu une telle ampleur ?
NON
. Les prévisionnistes tablaient sur des chutes de neige modérées, en alternance avec des averses de pluie. Météo France misait en fait sur des températures de 2° en Ile-de-France à 0° dans le Nord. Or en milieu de matinée, le refroidissement a été très rapide, faisant tomber le thermomètre dans le négatif sur tout le quart Nord-Est. Résultat : c'est une véritable tempête qui s'est abattue en début d'après-midi sur le Nord-Pas-de-Calais, la Haute-Normandie, la Picardie et surtout l'Ile-de-France, avant de gagner ensuite l'Est du pays. La neige a donc tenu au sol, piégeant tous les automobilistes, en ce jour de retours de vacances classé "orange".

L'alerte a-t-elle été donnée trop tard ?
OUI
. C'est la conséquence de l'erreur de prévision. Météo France a lancé son bulletin d'alerte neige-verglas de niveau 3 (sur une échelle de 4) vers 14h30, en conseillant aux conducteurs de rester chez eux… alors que beaucoup se trouvaient déjà sur la route. Basées sur celles de Météo France, les mises en garde de la prévention routière et des préfectures ont logiquement été trop tardives. Le plan "Neige et verglas" du Centre national d'information routière a ainsi été mis en place à 15h30.

Les services d'équipement ont-ils été pris en défaut ?


Bloqués toute la nuit-
OUI. Sinon, comment expliquer la pagaille qui a touché les principaux axes routiers du pays un 4 janvier ? Dans beaucoup de départements, les Directions de l'équipement n'ont pas salé préventivement et ont ensuite tardé à réagir à l'arrivée des premiers flocons. Les saleuses ne sont sorties qu'en milieu d'après-midi, alors que la neige recouvrait déjà les grandes routes et que de nombreux bouchons et accidents étaient signalés.
Résultat : certains endroits, comme le péage de l'A10 à Saint-Arnoult, dans les Yvelines (où la DDE avait pourtant passé les saleuses le matin), ou encore l'autoroute A4 près de Châlons-en-Champagne, étaient inaccessibles. Les "naufragés" (15 000 à Saint-Arnault, 1 000 dans la Marne) ont été bloqués toute la nuit.
A la décharge des DDE, le phénomène météorologique exceptionnel, allié à la circulation dense des retours, n'a pas facilité la tâche. L'enquête demandée par le ministre devrait pointer les responsabilités.

Y a-t-il eu des dysfonctionnements dans les aéroports ?
OUI
. Se basant sur les prévisions de Météo France, Roissy et Orly s'attendaient à une journée normale. Bien évidemment, en raison de la neige et surtout du givre, les avions n'ont pu décoller et les vols ont été annulés. Jusque-là, rien d'étonnant.


Roissy transformé en camping de fortune-
Mais les passagers ont ensuite été laissés à eux-mêmes, sans aucune information pendant de longues heures. Certains, croyant partir, et parfois déjà en salle d'embarquement, ont été bloqués. Pour beaucoup, la nuit a été un cauchemar. Refusés dans les hôtels voisins totalement saturés, plusieurs milliers ont dormi comme ils le pouvaient ou n'ont pas dormi du tout, excédés de fatigue et de stress. Là encore, la mission demandée par le ministre déterminera les responsabilités.

Par Fabrice Aubert le 05 janvier 2003 à 14:46
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