© INTERNESelon la chaîne LCI, qui a dévoilé l’affaire, la menace est prise très au sérieux par les enquêteurs. Au cours d’une enquête sur le démantèlement d’un commando de l’ETA, les policiers ont découvert une des "planques" du séparatiste Ibon Fernandez Iradi, dit "Susper". Connu comme un haut responsable des commandos logistiques de l'ETA, il avait été arrêté à la fin du mois de décembre, avant de s’évader quelques jours plus tard, le 28, dans des conditions rocambolesques : au cours de sa garde à vue au commissariat de Bayonne, il avait réussi à se faufiler à travers une lucarne de la cellule de dégrisement où il se trouvait, au nez et à la barbe des policiers. Evasion qui avait alors provoqué les foudres du ministre de l’Intérieur, qui avait suspendu cinq policiers du commissariat. Depuis, la police est de nouveau à sa poursuite.
Mais en arrivant jusqu’à une des cachettes de "Susper", les policiers ont fait une autre découverte. Ils sont tombés sur des documents contenant un certain nombre d’informations sur la vie quotidienne de la juge antiterroriste Laurence Le Vert. Une source judiciaire contactée par l’agence France-Presse indique "qu’il ne s'agit pas d'un projet d'attentat, mais plutôt de documents mettant en cause sa sécurité, qui vont dans le sens de menaces pesant sur elle. Ces documents montrent que l'on s'intéressait à elle dans un cadre peu amical. Il s'agit de renseignements sur ses déplacements". Mais la chaîne LCI, de son côté, va beaucoup plus loin : selon ses révélations, les documents feraient clairement état d'un projet d'assassinat du magistrat.
Informations "inamicales" ou projet d’attentat ?
Selon les informations de LCI, ces documents se présentaient sous la forme de quelques pages d'un plan rédigé en basque, et dissimulé entre des livres : un travail minutieux de repérage qui, toujours selon LCI, serait récent ; un travail de professionnel par ailleurs, qui aurait pris plusieurs semaines. Y étaient notés les horaires, les habitudes de la juge, la marque, la couleur de sa voiture, son numéro de plaque d'immatriculation, ainsi que le nombre d'officiers de sécurité affectés à sa protection. Mais surtout, LCI indique que ces quelques pages décrivaient précisément le mode opératoire que devaient utiliser les tueurs. La juge Le Vert devait, semble-t-il, être assassinée après avoir quitté le palais de justice, et alors qu'elle regagnait son domicile. Deux équipes devaient opérer : la première était chargée de bloquer un bus de la RATP au niveau d'un feu situé sur le parcours ; la deuxième, à moto, devait profiter de l'immobilisation du véhicule de la juge pour abattre le magistrat.
Ce projet d’assassinat visant la juge Le Vert, s'il était confirmé, ne serait pas le premier. Il y a deux ans déjà, l'organisation séparatiste basque avait ordonné son élimination, ainsi que celle du chef du parquet antiterroriste de l'époque. Depuis la découverte de ces documents, les mesures de sécurité autour de la juge Le Vert ont été renforcées. Désormais, l'important, selon un enquêteur cité par LCI, est de savoir si d'autres personnalités étaient visées par l'ETA.Photo d’ouverture : la juge antiterroriste Laurence Le Vert (portant un dossier vert, au centre) - archives
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