Procès Malèvre : "ce n'était pas de l'euthanasie"

Par afp, le 28 janvier 2003 à 12h22 , mis à jour le 29 janvier 2003 à 09h11

La journée de mardi a été difficile pour l'ex-infirmière devant la cour d'assises des Yvelines. Les policiers à qui elle avait avoué une "trentaine" de meurtres, avant de se rétracter, ont été entendus tandis que le juge d'instruction a contesté toute "euthanasie".

christine malevre proces © INTERNE

L'audition du juge d'instruction Richard Pallain, cité par les parties civiles, a été sévère pour l'accusée. Il a tout d'abord expliqué qu'à l'origine le parquet lui avait présenté le dossier comme "une affaire d'euthanasie" mais qu'au fur et à mesures des auditions des soignants et des familles des victimes il s'était ravisé.

Pour lui, on est pas en présence "d'euthanasie" ajoutant qu'il ne suffit pas que cela "se passe dans un hôpital et en blouse blanche pour qu'un meurtre, un assassinat" se transforme en euthanasie. Il a confirmé que la jeune femme avait avoué dans son cabinet "quatre cas" d'aide à la mort qui pour lui "n'ont jamais été contestés" alors qu'elle n'en reconnaît plus que deux devant la cour.

Statistiques

Le commandant Alain Le Pache est pour sa part revenu longuement sur les conditions de garde à vue de la jeune femme qu'elle avait mises en cause dans son livre "Mes aveux". Selon lui, l'infirmière n'a pas été interrogée dans les locaux de garde à vue, mais dans un bureau, balayant ainsi les soupçons de pressions exercées sur elle et qu'elle a toujours dénoncées. Le policier a expliqué à la cour qu'elle avait tout d'abord reconnu avoir "arrêté la vie de deux malades sans être en mesure de donner des noms". Puis, elle avait "spontanément" reconnu "trois" cas.

Finalement, au cours d'un nouvel interrogatoire, elle avait avoué "j'en ai tué dix" précisant qu'ils lui avaient demandé de mourir et une "vingtaine" qui ne l'avaient pas sollicitée, selon le policier. Elle avait estimé alors qu'elle ne pouvait pas "aller plus loin" dans ses déclarations ayant du mal à "remettre un nom sur tous les visages de ses patients".

Devant la cour, Alain Le Pache a donné lecture des statistiques sur la mortalité dans le service de l'hôpital de Mantes-la-Jolie quand Christine Malèvre y était. Ainsi en 1996, sur les 89 décès recensés elle était là pour 25 alors que statistiquement elle aurait du être présente pour 16. L'année suivante , elle était présente 50 fois contre 11 selon les probabilités. Enfin en 1998, sur 28 décès de patients elle était de service 14 fois alors qu'elle n'aurait du être, selon les calculs, là que 5 fois.

Par afp le 28 janvier 2003 à 12:22
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