© INTERNEIls étaient une centaine jeudi en fin d'après-midi - des professeurs auxquels s'étaient joints plusieurs collègues de lycées proches ainsi que des élèves – à manifester devant le lycée professionnel pour dénoncer la violence au sein de l'établissement. Des pancartes "Mon lycée professionnel va craquer" ou "Non à la violence" comme seul arme pour témoigner.
L'élève de 16 ans qui a porté un coup de couteau à la cuisse de son professeur avant de prendre la fuite, a été interpellée peu après, mise en examen le lendemain pour "violence volontaire aggravée" et écrouée à la maison d'arrêt de Versailles. Mais les enseignants exigent maintenant le classement en ZEP de leur lycée pour reprendre le travail.
Depuis mercredi les professeurs - soutenus par la CGT, le SNES, le SNEP, FO et sud Education - ont demandé à être reçus par le ministre de l'Education. Sans réponse pour l'heure. "Depuis une semaine, explique un professeur, militant de Sud-Education, nous travaillons avec les élèves sur les conditions de la rentrée, il n'y aura pas de reprise dans les conditions similaires à celle qui existaient avant l'agression", a-t-il dit. Depuis lundi, les 64 professeurs refusent de reprendre les cours aux 600 élèves inscrits, comme l'avait demandé la direction de l'établissement.
"Entre maison et prison"
Mardi, le rectorat a rappelé, qu'à la suite de cette "agression inqualifiable", un aide-éducateur et surveillant supplémentaire avaient été recrutés. Une mission d'aide et d'assistance pédagogique allait leur être envoyé. Mais pour les professeurs, le compte n'y est pas : "Les moyens accordés par le rectorat de Versailles nous paraissent insuffisants pour combattre la montée de la violence dans notre lycée" pensent-ils.
Selon eux, le surveillant supplémentaire devrait juste remplacer un surveillant qui vient de se blesser, l'aide éducateur est encore inconnu, les enseignants malades, dont la victime de l'agression, ne sont pas remplacés et les moyens matériels de sécurisation, dont la surélévation du mur, ne seront mis en oeuvre que dans plusieurs mois. "Quand on se fait insulter toute la journée, on ne peut pas gérer", explique une des quatre surveillantes du lycée. Selon elle, le quart des élèves "posent vraiment souci" et "ce n'est pas la même population que dans d'autres établissements" : "Certains, dit elle, font l'aller et retour entre la maison et la prison".
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