Le rabbin Farhi face à "l'ignoble rumeur"

Par Philippe MATHON, le 22 janvier 2003 à 18h27 , mis à jour le 22 janvier 2003 à 21h54

Gabriel Farhi, blessé le 3 janvier d'un coup de couteau à l'abdomen, a tenu à répondre à ceux qui mettent en doute la réalité de son agression. Il dénonce le travail "orienté" des enquêteurs.

rabbin farhi agression © INTERNE

Qui a poignardé le rabbin Gabriel Farhi, le 3 janvier 2002 à Paris ? Des milieux extrémistes musulmans, juifs, une vengeance d'ordre privée, ou… le rabbin lui-même ? Cette question, a priori saugrenue, a pris de la consistance ces derniers jours.

Peu de temps après l'agression, déjà, la rumeur enfle. Des enquêteurs de la 2e DPJ (division de police judiciaire) constatent, dit-on, des "zones d'ombre" qui "fragilisent" la version du rabbin. Dans le même temps, un rapport d'un médecin-chef des sapeurs-pompiers évoque une "plaie hésitante peu compatible avec une agression". Enfin, un autre rapport médical fait état d'une plaie qui n'est "pas en adéquation avec celle retrouvée sur ses vêtements". Autant d'éléments relayés cette semaine par Marianne.

"Je veux m'indigner face à cette rumeur qui ne s'appuie sur aucun document probant. Ce sont des choses ignobles qui portent une atteinte très grave à ma personne", s'est défendu le rabbin lors d'une conférence de presse, mercredi. Soupçonnant les enquêteurs d'être à l'origine des "fuites" ayant créé la rumeur, le rabbin s'est déclaré "indigné par la façon dont la 2e DPJ a mené l'enquête dès le premier jour", évoquant des interrogatoires "très orientés". Désormais, l'enquête est entre les mains de la brigade criminelle chargée de "tout reprendre depuis le début", selon une source judiciaire. Le rabbin y voit une sanction déguisée et la preuve d'"un dysfonctionnement de la 2e DPJ".

Rumeurs

A ses cotés, Me Zaoui, le défenseur du rabbin, a affirmé que tous les arguments mettant en doute le récit du rabbin "ne tenaient pas debout" et constituaient "une falsification totale". Concernant les soupçons d'" auto-mutilation", l'avocat a assuré que la phrase "ne figure sur aucun document médical". Selon lui, le médecin a simplement évoqué "une plaie peu compatible avec les dires" de la victime. Il a également démenti le fait qu'un autre rapport fasse état d'une plaie n'étant pas en adéquation avec la déchirure retrouvée sur les vêtements du rabbin.

L'agression de Gabriel Farhi avait suscité une condamnation générale. Le 8 janvier, une "prière pour la fraternité et la solidarité" avait réuni à Paris représentants des grandes religions et responsables politiques, plusieurs ministres dont Nicolas Sarkozy.

Photo AFP : le rabbin Gabriel Farhi.

Par Philippe MATHON le 22 janvier 2003 à 18:27
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