© INTERNELe Sénat, en accord avec le gouvernement, a voté jeudi l'interdiction de tout clonage qu'il soit reproductif ou thérapeutique au cours de l'examen du projet de la loi sur la bioéthique qui a été adopté en première lecture. Le texte a été approuvé par la droite UMP-UC alors que le PS et le PCF se sont prononcés contre. Toutefois, ce vote n'est pas définitif puisque la procédure parlementaire prévoit que le texte retourne à l'Assemblée pour une deuxième lecture avant d'être également soumis à un deuxième examen au Sénat. L'interdiction du clonage reproductif a fait l'unanimité des groupes politiques du Sénat qui ont adopté un amendement présenté par le ministre de la Santé Jean-François Mattei précisant "qu'est interdite toute intervention ayant pour but de faire naître un enfant génétiquement identique à une autre personne humaine vivante ou décédée". Le gouvernement a assorti cette interdiction d'une incrimination pénale de "crime contre l'espèce humaine". La transgression sera punie de 30 ans de prison et 7.500.000 euros d'amende. Il est prévu une prescription particulière de 30 ans avec comme point de départ la majorité du clone.
Recherche pénalisée"Le clonage thérapeutique constitue la porte ouverte au clonage reproductif (que le Sénat a unanimement interdit mercredi soir)", a souligné Jean-François Mattei. Les représentants de la gauche ont défendu une thèse inverse en demandant en vain l'autorisation du clonage thérapeutique au nom de la recherche médicale. Deux autres amendements du gouvernement, également adoptés par les sénateurs, interdisent le clonage "à des fins de recherche" ainsi "qu'à des fins commerciales ou industrielles".
Pour Jacques Hatzfeld, directeur de recherche au CNRS contacté par tf1.fr, "ce vote est une erreur car il donne une image rétrograde de la France". Et d'ajouter : "On a suffisamment balisé le problème en interdisant le clonage thérapeutique". Selon lui, "le clonage thérapeutique n'est pas un danger. En l'interdisant, on va empêcher certains travaux de biotechnologie de se faire en France".
"On n'évitera pas le clonage thérapeutique"
Le chercheur considère toutefois ce vote comme "mineur". "L'important, c'est que nous puissions travailler sur des lignées cellulaires", avance-t-il, se réjouissant de la récente décision du tribunal administratif de Paris (voir encadré ci-dessous). L'ancien ministre de la Santé Bernard Kouchner a, quant à lui, déclaré jeudi : "Je suis pour le clonage thérapeutique qu'on n'évitera pas. Mais on pourrait plutôt dire thérapie tissulaire" afin d'éviter l'usage du mot "clonage", dont la connotation dans l'opinion est très péjorative.
Mme Boutin déboutée Le tribunal administratif de Paris a rejeté mardi dernier une plainte de L'Alliance pour les Droits de la Vie, proche du député UMP Christine Boutin, qui voulait faire annuler l'autorisation d'importation de lignées de cellules souches embryonnaires en provenance d'Australie. L'autorisation d'importation - portant sur deux lignées de cellules souches embryonnaires - avait été prise par le ministre de la Recherche du gouvernement Jospin, Roger-Gérard Schwartzenberg, au moment de son départ du gouvernement. De nombreux scientifiques français, dont quatre prix Nobel, s'étaient alors mobilisés pour que ces recherches sur ces cellules souches soient d'urgence autorisées en France (voir article lié). |
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