© INTERNE"La réforme a trop tardé", a déclaré le Premier ministre ce lundi devant le Conseil économique et social "et nous nous sommes déjà assez défossés sur l'avenir". Jean-Pierre Raffarin a donné, par ce discours, le signal du départ sur la réforme des retraites. Il a dessiné la méthode et précisé le calendrier. Il était ensuite l'invité du JT de TF1 (photo).
Voici les principaux points des interventions de Jean-Pierre Raffarin :
- L'enjeu de la réforme des retraites est "clair", il consiste à "sauver notre système de répartition". Jean-Pierre Raffarin a estimé que c'était "l'immobilisme" qui tuait la répartition.
- La réforme se fera progressivement et de façon évolutive. Mais dans l'immédiat il s'agit d'assainir la situation à horizon 2020. Les partenaires pourront ensuite se revoir régulièrement, "tous les cinq ans par exemple".
- Le pouvoir d'achat des retraités doit être garanti : "Il y a beaucoup de petites retraites, trop nombreuse et trop petites".
- Pas question de remettre en cause l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans mais souligné qu'il fallait limiter le recours aux "départs" pour les moins de 60 ans.
- Ne pas opposer les salariés du privé et ceux du public. Mais Jean-Pierre Raffarin a estimé que la prise en compte de leurs "spécificités" ne devait pas "faire obstacle aux exigences de l'équité, qui veulent que la situation de personnes placées dans des situations comparables soit harmonisée". "Je pense notamment aux durées de cotisation".
Sur TF1, il s'est dit favorable à une harmonisation progressive des deux statuts tout en précisant qu'un alignement du privé (40 ans de cotisation) sur le public (37,5 ans de cotisation) n'était "ni possible ni finançable". - Renforcer la situation de l'emploi en France en menant une politique de l'emploi volontariste -"La première urgence est de faire augmenter l'activité des salariés de plus de 55 ans"- et en menant une politique familiale active. Le Premier ministre a précisé que si le taux de fécondité repassait à 2,1 (il est de 1,9 enfant par femme aujourd'hui), "ce serait presque 10% des besoins pour financer les retraites qui seraient couverts".
- Injecter davantage de liberté : - ceux qui veulent travailler plus longtemps pour une retraite plus importante seront encouragés.
- Encourager une épargne volontaire dont il faudra d'ailleurs déterminer la part dans la totalité des prestations. Le Premier ministre souhaite étendre à tous les Français des aides à l'épargne volontaire, tout en prenant soin de souligner que "les régimes de capitalisation sont étrangers à notre histoire sociale".
Quant au calendrier :
- A partir du 6 février, François Fillon, chargé de la réforme pour le privé et Jean-Paul Delevoye, de celle du public, recevront les organisations syndicales une par une et ce pendant tout le mois de février.
- Les discussions formelles entre le gouvernement et les syndicats occuperont le mois de mars.
- Le gouvernement proposera son projet au Printemps et il sera discuté au parlement.
- Objectif : un vote du Parlement avant l'été.
Le Premier ministre a déclaré qu'il était "prêt à engager la responsabilité du gouvernement" devant le Parlement sur cette réforme. Sur TF1, il a exclu a priori le recours au referundum pour valider ses décisions.
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