© LCIL’information a été dévoilée par Le Monde : José Bové a porté plainte contre X le 3 février après avoir reçu des menaces par téléphone. Ces messages d'intimidation, révélés à l’époque par Le Journal du dimanche, auraient commencé alors que Bové se trouvait au Brésil pour le Forum social : "à Porto Alegre, j'ai reçu des menaces extrêmement précises me promettant de me "crever" à mon retour à Roissy", indique-t-il. Ces appels avaient paru suffisamment sérieux pour que la Confédération paysanne et Attac demandent au ministère de l'Intérieur d’assurer sa sécurité. Mais ils semblent avoir continué alors que José Bové était revenu à Millau. C’est d’ailleurs à la gendarmerie de cette ville que la plainte a été déposée.
Les soupçons se porteraient sur des militants extrêmistes juifs, qui n’auraient pas pardonné au leader paysan son soutien affiché à Arafat et son expédition à Ramallah en avril dernier. Pas plus que ses déclarations laissant entendre que le Mossad aurait intérêt à la montée d'agressions antisémites en France – même si, depuis, José Bové a fait amende honorable.
"Accusations odieuses"
Bové ne serait pas le seul à avoir été pris pour cible : les Verts, qui auraient également reçu des menaces anonymes, n'ont pas décidé de porter plainte. Dans leur cas, ce qui aurait déclenché l’hostilité de ces présumés extrémistes serait plutôt "l'affaire Farbiaz", le 11 janvier dernier. Le Vert Patrick Farbiaz aurait alors tenu des propos favorables au mouvement terroriste Hamas – propos qui, selon une journaliste de France Inter présente lors des faits, pourraient être "du registre de la provocation". Noël Mamère a fait état depuis lors d'inscriptions menaçantes devant son domicile. Christian Picquet, un des responsables de la LCR et animateur de manifestations de soutien aux Palestiniens, dit avoir aussi reçu des menaces par téléphone.
Au-delà des soupçons pesant sur des militants extrêmistes juifs, certains pointent la responsabilité du président du CRIF, Roger Cukierman, qui avait dénoncé "l’antisionisme" des "partis révolutionnaires tels LO et la LCR" et une alliance "vert brun rouge" lors du dîner annuel du CRIF, le 25 janvier. "Les dirigeants du CRIF jouent avec le feu en taxant tous ceux qui ont approché de près ou de loin la cause palestinienne d'antisémitisme", juge Christian Picquet. LO et la LCR ont d’ailleurs porté plainte le 5 février contre le CRIF, pour faire "sanctionner les accusations odieuses portées" contre elles, selon leur commmuniqué commun.
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