© INTERNE"Ceux-là, quand ils se déplacent, c'est que l'affaire est sérieuse".
Ce vieux routard de la police lilloise ne se berce guère d'illusions : certains de ses collègues "vont recevoir". En début d'après-midi, lundi, les "Parisiens" de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la fameuse "police des polices", les "bœufs-carotte", ont débarqué en force dans la capitale du Nord pour "cuisiner" l'ensemble des fonctionnaire du Service d'investigation et de recherche (SIR) du commissariat de Lille. Tous ont été convoqués sine die, les fonctionnaires en vacances ayant même été priés d'écourter leur séjour. De son côté, le parquet de Lille a immédiatement ouvert une enquête judiciaire, confiée au Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Lille. Il faut dire que l'affaire est grave. Explications.Le week-end dernier, le SIR de Lille est "visité" par des inconnus qui font main basse sur un "butin" tout à fait particulier : des armes de service - selon nos informations, au moins quatorze, essentiellement des armes de poing, des Manurin - et de la drogue provenant de saisies - deux kilos de cannabis, 250 grammes d'héroïne et cocaïne. Des blousons officiels ainsi que des brassards pourraient également avoir été subtilisés. Les membres de l'IGPN cherchent donc à savoir comment un tel fric-frac a pu se dérouler dans ce bâtiment situé dans le centre-ville de Lille, comportant sept étages et abritant cent-trente fonctionnaires répartis en différents services : stupéfiants, mœurs, identité judiciaire, violences urbaines et scolaires et même une cellule … anti-cambriolage.
Malveillance ?
Selon nos informations, vendredi vers 23h00, un fonctionnaire du SIR en service serait entré pour quelques dizaines de minutes dans les locaux. A-t-il simplement oublié de réactiver l'alarme en partant ? Toujours est-il que dans la nuit de samedi à dimanche ou de dimanche à lundi, un invraisemblable et audacieux cambriolage a eu lieu. "Celui ou ceux qui ont fait ça sont vraiment gonflés", note Jean-Claude Vanelslander, secrétaire régional d'Alliance. Les monte-en-l'air seraient entrés dans les locaux en brisant les fenêtres sans barreaux du deuxième étage situé à l'arrière du bâtiment. Ils se seraient ensuite introduits au quatrième étage pour forcer "au pied de biche ou à la barre de fer", nous dit-on, une armoire forte vieille de vingt ans. A aucun moment, l'alarme, reliée au commissariat central de Lille distant de quelques minutes, ne se serait déclenchée. Système défectueux ? Acte malveillant ? Les trois commandants de l'IGPN vont tenter de faire la lumière sur cette drôle d'histoire.
"Auparavant, le week-end, il y avait une garde assurée par les fonctionnaires. Depuis quelques années, le bâtiment a été placé sous alarme et vidéo-surveillance", regrette Jean-Pierre Houbron (SGP-FO), interrogé par tf1.fr. Résultat : le bâtiment est souvent vide le dimanche et parfois le samedi. "Il y a trente antennes de police à Lille. Si on voulait toutes les garder, il faudrait affecter 180 agents uniquement pour la sécurité. C'est impossible !", répond Jean-Claude Vanelslander, secrétaire régional d'Alliance. "Samedi, un de nos hommes est venu travailler au premier étage, il n'a rien remarqué de particulier. Mais il est vrai que tout s'est passé au quatrième…", note un autre policier.
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