© INTERNELe 24 novembre 1998, Emile Ferrari accompagne sa future femme aux magasins du Printemps. Il entend un coup de feu, assiste à la fin du braquage et tente d'arrêter l'un des deux malfaiteurs qu'il a suivis dans la rue. "Je n'ai pas du tout eu peur. J'avais vu deux personnes se faire taper dessus (les vigiles du magasin). Je pense avoir vu des enfants. J'ai pensé qu'ils seraient pénalisés, si ça tournait mal", raconte ce garagiste de 55 ans.
"Tu es un homme mort", lui lance l'un des deux hommes. La balle qu'il lui tire dans la tête rentre du côté droit pour sortir du côté gauche. Souffrant encore aujourd'hui de violents maux de tête qui l'obligent à prendre 300 cachets par mois, Emile Ferrari, ne voit plus de l'oeil gauche.
Avant de sortir du magasin, les deux malfaiteurs ont enlevé leurs cagoules et passent à "deux-trois mètres" du témoin qui affirme avoir eu "un petit peu le temps de voir leur visage" et se souvient en particulier de la nuque de Bonnal car "les cheveux des Asiatiques sont plus raides que les autres"."A la seconde où ils sont passés devant moi, j'ai vu les deux visages dans leur intégralité", assure-t-il. Après l'arrestation de Benamara, actuellement en fuite, et de Bonnal, un mois environ après le hold-up, Emile Ferrari reconnaîtra formellement les deux hommes derrière une glace sans tain et exclut aujourd'hui toute possibilité d'erreur.
"Il y a mensonge"
Bonnal "n'a pas changé", assure le témoin en se tournant vers le box des accusés où "le Chinois", en blouson noir, comparaît seul. Celui-ci, accusé de vol à main armé, continue à nier toute participation au hold-up et nie même connaître Mohamed Benamara, accusé, outre de vol à main armé, de tentative de meurtre sur la personne de Emile Ferrari. "Je compatis avec ce qui est arrivé aux personnes présentes mais j'ai rien à voir", déclare l'accusé de 50 ans qui a passé plus de 26 ans en prison et risque cette fois la perpétuité. "Il y a mensonge de la part de M. Bonnal", rétorque Emile Ferrari.
Ce témoignage est crucial à plus d'un titre. Emile Ferrari est le seul des témoins au procès à avoir reconnu "le Chinois" et c'est "grâce à lui que Bonnal ne se voit pas imputer en plus une tentative de meurtre", comme le rappelle l'avocat général Philippe Bilger. "Je prends entièrement ma responsabilité (...) Je n'accuse quelqu'un que lorsque je suis sûr (...) N'essayez pas de me dire que les policiers m'ont influencé", lance le garagiste à l'un des avocats de Bonnal, qui tente de faire croire à un "complot" policier depuis l'ouverture de son procès vendredi.
Suite des plaidoirie des parties civiles mardi et réquisitoire mercredi.
(photo : Jean-Claude Bonnal)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




