Questions autour des évasions de Borgo et Fresnes

Par AFP, le 13 mars 2003 à 19h06 , mis à jour le 13 mars 2003 à 22h08

Les liens entre Joseph Menconi, et Antonio Ferrara, qui se sont fait la belle à cinq jours d'intervalle, sont au centre des interrogations des enquêteurs qui redoutent que les deux truands fassent rapidement parler d'eux.

fresnes vue gené © INTERNE

Les policiers spécialisés dans la lutte contre le grand banditisme se sont lancés dans une course contre la montre afin "de faire parler les indices" retrouvés à Fresnes (Val-de-Marne) après la spectaculaire évasion de Ferrara mercredi. "Nous allons entendre parler d'eux", craignent-ils, "soit dans des braquages voire des règlements de comptes. Dans la poudre en tout cas". "Tous nos tontons (indicateurs dans le jargon policier) ont été activés", assure un policier.

La belle de Fresnes suscite jeudi, précise-t-on de source policière, de nombreuses questions. Une évidence est la "concomitance" entre l'évasion de Menconi, de Corse, vendredi dernier, et celle de Ferrara en région parisienne. Ils se connaissent bien, sont tous deux soupçonnés d'avoir attaqué un fourgon blindé à Gentilly (Val-de-Marne) fin 2000. L'un ou l'autre sont fréquemment cités lors de récents braquages similaires. Tous deux des "rois de l'évasion", se sont mutuellement aidés durant leurs cavales et, dit encore un policier, "complémentaires": Ferrara est un "spécialiste des explosifs", Menconi "plus technique" est expert en armes à feu. Ils sont tous deux qualifiés de "très dangereux".

Avertissement sans suite

Le ministre de la justice, Dominique Perben, a admis jeudi que les deux évasions pouvaient être "liées". Il a annoncé une surveillance renforcée autour des détenus qui leur sont proches. Les policiers, précise-t-on, avaient alerté l'administration pénitentiaire des "risques" pesant autour des proches, pour beaucoup incarcérés, de Menconi, après son évasion, dont Ferrara.

Moins flagrantes sont les "évidentes complicités, internes ou externes, et la logistique", indique-t-on, dont ont bénéficié les deux hommes pour leurs évasions respectives. Leurs entourages sont suspectés et surveillés, ajoute-t-on. Les armes, - il n'y avait pas de lance-roquettes contrairement à de premières informations -, explosifs et le téléphone portable de Ferrara retrouvés à Fresnes sont aussi analysés ainsi que les traces de sang, vraisemblablement celles d'un des complices de la belle. Leurs résultats ne sont pas connus jeudi.

Photo : la prison de Fresnes

Par AFP le 13 mars 2003 à 19:06
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