Violent attentat à Ajaccio

Par AFP, le 16 mars 2003 à 14h15 , mis à jour le 16 mars 2003 à 14h23

Un forte explosion a dévasté samedi soir un immeuble du conseil général de Corse-du-Sud à Ajaccio. Selon des politiciens locaux, la recrudescence des actions clandestines vise à peser sur l'évolution institutionnelle de l'île.

Violent attentat en Corse © Manreo

A 21h samedi, une très forte déflagration a secoué le centre d'Ajaccio, en Corse du Sud. La charge, évaluée à une cinquantaine de kilogrammes, a éventré la façade des "services des infrastructures" du département, détruisant une partie des bureaux. Les vitres de nombreux logements situés aux alentours ont volé en éclats et une dizaine de personnes, dont des enfants, ont été choquées, selon les services de secours.

"Une action lamentable"

"C'est une action lamentable de plus, d'une violence primitive qui est rejetée par tous", a condamné le préfet de Corse, Dominique Dubois. "Elle aurait pu avoir des conséquences dramatiques en raison de l'heure et de la localisation de la cible choisie, au milieu d'une zone résidentielle très fréquentée", a ajouté le député-maire DVG d'Ajaccio, Simon Renucci. Dénoncé par les autres ténors politiques de l'île, cet attentat est le plus violent des actions ayant visé plusieurs institutions, en particulier la gendarmerie et la justice, depuis le début de l'année. Samedi matin, une forte charge explosive a été découverte devant un bâtiment du centre national de la fonction publique territoriale à Ajaccio. Le système de mise à feu n'a pas fonctionné.

Revendications institutionnelles

Ces plasticages n'ont pas été revendiqués. Les différents mouvements clandestins sont en effet silencieux depuis la mi-décembre, lorsque le FLNC Union-des-combattants avait annoncé "une suspension effective de ses actions politico-militaires". Cette énième "trêve" était d'emblée apparue très fragile aux experts en raison "des dissensions et des intérêts divergents qui minent la mouvance clandestine", selon l'un d'entre eux. La reprise des attentats a ensuite coïncidé avec plusieurs interpellations de militants nationalistes, dénoncées par le parti Indipendenza comme l'illustration de "la politique répressive de Nicolas Sarkozy".

"L'objectif des groupes armés est de contraindre le ministre de l'Intérieur et les élus à céder aux revendications des nationalistes dans le domaine institutionnel", ont estimé dimanche le président du conseil général de Corse-du-Sud, Noël Sarrola, et son premier vice-président, Nicolas Alfonsi (PRG). Ce dernier est un adversaire affirmé du projet de création d'une "collectivité unique", qui prévoit la suppression des deux conseils généraux. Cette réforme controversée est soutenue par une partie des élus de droite et de gauche, ainsi que, partiellement, par les nationalistes, traditionnellement hostiles aux départements.

 

Par AFP le 16 mars 2003 à 14:15
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