Elf : Sirven et ses drôles de comptes

Par AFP, le 08 avril 2003 à 20h26 , mis à jour le 08 avril 2003 à 20h31

Le tribunal correctionnel de Paris a tenté mardi de "débroussailler" le "maquis bancaire" des comptes de l'ancien numéro deux du groupe pétrolier.

sirven © INTERNE

D'après les éléments rassemblés au cours de l'instruction, l'équivalent de 347 millions de francs (53 millions d'euros) ont été transférés, à partir de 1996, des différents comptes d'Alfred Sirven vers le Liechtenstein, Lausanne ou Monaco. "Ce que je devais faire, c'est effectuer une coupure physique : sortir l'argent de certains comptes et le mettre sur d'autres", raconte l'ancien directeur général. "Je le mettais dans un sac, je sortais dehors, quelqu'un m'attendait dans une voiture et nous allions dans une autre banque".

Ces fonds étaient-ils les siens ou étaient-ils destinés, comme il l'affirme, à ses "mandants", au premier rang desquels l'ancien président congolais Pascal Lissouba ? Dans un courrier adressé en novembre 2001 à la justice française, ce dernier soulignait : "je n'ai entretenu aucun contact direct ou indirect avec M. Alfred Sirven". "Enorme mensonge", s'insurge Sirven.

"Peux-tu m'envoyer un million ?"

Insensiblement, les débats s'orientent vers les conditions de sa fuite aux Philippines, probablement en 1997, pour échapper à la justice française. "Je pensais que les choses allaient s'arranger. Je ne me voyais pas parti pour la vie", souigne-t-il. "J'ai fait un séjour au Zimbabwe et puis je n'y suis pas resté. Je suis parti ailleurs en Europe. Ce n'est que 5 ou 6 mois après que je suis parti aux Philippines, donc plus tard qu'on ne le croit communément", explique-t-il. "Mais tout coûte cher pour quelqu'un qui est en fuite", souligne malicieusement le président Michel Desplan.

Et Sirven de raconter que "4 à 5 millions de francs suisses" (2,6 à 3,3 millions d'euros) lui avaient été "amenés physiquement", aux Philippines, par l'homme d'affaires suisse Roger Gindroz qui s'est rendu sur place "quatre ou cinq fois". "Je l'appelais et je lui disais : peux-tu m'envoyer un million de dollars ?". De quel compte venait cet argent ? "J'étais à 15.000 km, je ne pouvais m'occuper des détails pratiques", bredouille Sirven.

L'audience de mercredi doit être consacrée à la destination des fonds ayant transité par les comptes d'André Tarallo, ancien "Monsieur Afrique" d'Elf.

(photo d'archives : Alfred Sirven)

Par AFP le 08 avril 2003 à 20:26
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