© INTERNE20h56, le 6 février 1998. La Renault Safrane du préfet de région quitte le palais Lantivy d'Ajaccio. Après une longue journée de travail, Claude Erignac, au volant de son véhicule, décide de passer la soirée en compagnie de son épouse. Direction : le théâtre "Le Kalliste", où un concert de musique classique est organisé par l'association "Musique en Corse". Un rendez-vous que le préfet honore régulièrement de sa présence.
A 21h00, Claude Erignac dépose son épouse Dominique devant la salle. Le concert débute dans un quart d'heure. Juste le temps de trouver une place pour garer sa voiture dans les rues alentours. Débarrassé de son véhicule, le préfet remonte la rue Colonel Colonna d'Ornano, dépasse deux personnes immobiles sur le trottoir quand soudain l'une d'elles fait feu sur lui à bout portant. Trois balles de calibre 9 mm viennent se loger dans la nuque du préfet de région qui meurt sur le coup. "Une attaque dans le dos dans une rue déserte et mal éclairée, des tirs dans l'arrière du crane et l'achèvement au sol d'une victime déjà mortellement atteinte et qui avait pour toute défense une clef de contact et une télécommande pour porte de parking", relate le juge Thiel dans son ordonnance de renvoi du 7 mai 2002.
Un assassinat signé
Les enquêteurs dépêchés sur place découvrent une arme aux côtés du préfet : un pistolet semi-automatique de 9 mm de marque "MAS", portant la licence Beretta et le numéro de série A00199. Une arme "dont l'abandon sur les lieux du crime avait manifestement pour objet de signer" l'assassinat, note l'ordonnance. Ce pistolet de gros calibre est en effet bien connu des enquêteurs. Cinq mois plus tôt, celui-ci avait été subtilisé lors de l'enlèvement et la séquestration de deux gendarmes affectés à la caserne de Pietrosella (Corse-du-Sud). Le commando qui a causé la mort de Claude Erignac avait donc déjà fait parler de lui auparavant.
L'assassinat du représentant de la République, âgé de 60 ans, provoque un vif émoi en Corse comme sur le continent. Jacques Chirac fait part de sa "grande émotion" et promet de veiller à ce que "l'autorité de l'Etat soit respectée". C'est le début d'une enquête qui durera plus de quatre années.
Photo AFP : le corps du préfet de Corse Claude Erignac (images WTN) dans la nuit du 06 au le 07 février 1998 à Ajaccio.
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