Alègre a pris l'apéritif chez un magistrat

Par afp, le 12 mai 2003 à 17h05 , mis à jour le 13 mai 2003 à 15h19

Accusé par deux prostituées d'avoir assassiné une de leurs collègues et d'avoir bénéficié de protections policières, le tueur en série a réfuté ces affirmations mais a admis des contacts avec un substitut.

Patrice Alègre, plan serré sur les yeux © INTERNE

Patrice Alègre a nié lundi, lors d'une confrontation, les affirmations de deux prostituées qui l'accusent d'avoir assassiné une de leurs collègues en 1992 et d'avoir été l'un des "hommes de main" du trottoir toulousain, protégé par des policiers.

Confronté pendant plus de deux heures trente à ses deux accusatrices, qui ont répété dans le bureau du juge d'instruction toulousain Serge Lemoine leurs accusations, le tueur en série, déjà condamné à perpétuité pour cinq meurtres et six viols, a nié connaître les deux jeunes femmes, tout comme il a nié avoir assassiné sous leurs yeux Line Galbardi en 1992 dans un hôtel de Toulouse.

Il a néanmoins concédé avoir "pris l'apéritif" une fois au domicile d'un substitut du procureur de Toulouse de l'époque, dont le nom apparaît dans le dossier et que les deux prostituées ont cité. Selon leurs dépositions aux gendarmes, ce magistrat, actuellement en poste dans undépartement limitrophe de la Haute-Garonne, aurait couvert les activités d'un réseau de prostitution. "Hormis cet apéritif, Patrice Alègre est resté sur la position qui était la sienne, c'est-à-dire (...) qu'il ne connaît pas le milieu de la prostitution, il ne connaît pas le milieu judiciaire soit disant impliqué dans cette affaire. Il ne connaît pas le milieu policier non plus" expliquent ses avocats.

Mardi, l'avocat du magistrat a annoncé que son client allait porter plainte pour diffamation, sans préciser contre quelles personnes ou, le cas échéant, quels médias il envisageait d'engager son action en diffamation.

"Patrice essayait les filles avant leur mise sur le trottoir"

Le face-à-face du criminel et des deux prostituées était très attendu après les accusations portées par l'une d'elles, "Patricia", affirmant avoir été le témoin du meurtre de Line Galbardi par Alègre et l'a décrit comme le pivot, au début des années 1990, d'un réseau de prostitution toulousain qui aurait bénéficié de protections policières, voire judiciaires. Entendue par les gendarmes de la cellule Homicide 31, qui soupçonnent Alègre d'être l'auteur d'autres meurtres que ceux pour lesquels il a déjà été jugé, "Patricia" a déclaré le 11 février 2003 que "Patrice +essayait+ toutes les filles avant leur mise sur le trottoir".

"Patricia" a assuré que Patrice Alègre bénéficiait de la protection de policiers. "Je payais 900 francs par semaine (à un d'entre eux, NDLR) dans une enveloppe que je lui donnais dans la rue lorsqu'il passait", déclarait-elle aux enquêteurs le 18 janvier 2003. Ces affirmations ont été suivies de l'ouverture d'une information judiciaire pour "proxénétisme en bande organisée" et "viols aggravés et complicité" contre Patrice Alègre "et "tous autres".

(photo d'archives : Patrice Alègre)

Par afp le 12 mai 2003 à 17:05
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