© INTERNELes examens de fin d'année ont été reportés sine die vendredi à l'université de Perpignan, bloquée plusieurs heures en matinée par des barricades d'étudiants grévistes. C'est la troisième fois que les examens, qui devaient en principe commencer le 19 mai, sont reportés en raison des piquets de grève destinés à protester contre les projets de loi sur l'autonomie des universités, la décentralisation dans l'éducation et les retraites. Le mouvement étudiant a complètement submergé celui des professeurs et personnels non enseignants, qui avaient lancé la grève il y a deux semaines mais qui étaient pratiquement absents vendredi des barricades.
Dépassée par les événements, la présidence de l'université a renoncé à fixer une nouvelle date pour le début de la session. "Le personnel est surchargé. Il craque. On va essayer de lui permettre de se reposer avant de recommencer les examens", a déclaré le vice-président, Michel Cadé, épuisé lui aussi.
Difficiles négociations
Peu avant 4H du matin, la police avait démonté un premier barrage dressé dans la nuit par les étudiants devant le portail de l'université. Quelques instants plus tard, les protestataires en construisaient un nouveau. Au grand dam du président François Féral qui, à son arrivée, manquait de peu d'en venir aux mains avec les grévistes. A sa demande, les forces de l'ordre se retiraient vers 6H30. Mais derrière les amas de chaises, de poubelles et de sommiers bloquant l'accès au campus, les grévistes restaient bien échauffés après cette courte apparition de policiers casqués. Ils demeuraient sourds aux appels à la levée du blocus lancés par la direction et même par des représentants du syndicat d'enseignants Snesup, pourtant initiateur du mouvement le 16 mai avec d'autres organisations.
Les protestataires refusaient net un compromis, consistant à reporter le début des épreuves au 4 juin, tout en laissant passer les examens dès vendredi à 300 étudiants en second cycle de droit, de langues et de géographie ayant absolument besoin de valider leur session en juin pour pouvoir partir en stage à l'étranger ou en formation professionnelle. A bout de nerfs, François Féral annonçait alors par haut-parleur le report de la session aux candidats massés devant les grilles, s'attirant à la fois les huées des grévistes et des non-grévistes.
A l'heure actuelle, aucune nouvelle date n'est donc fixée pour ces examens. Le président et les doyens des diverses facultés se réuniront "probablement lundi" pour examiner la situation, "essayer de limiter les dégâts" et arrêter éventuellement une nouvelle date pour le début de la session d'examens, a indiqué dans l'après-midi la porte-parole de l'université, Isabelle Olivé. L'université espère toujours l'organisation des épreuves en juin, et non le report à septembre de l'ensemble de la session, a-t-elle précisé.
Photo d’ouverture : dialogue difficile entre le président de l'univeristé et les étudiants grévistes à Perpignan - afp
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