Cannes 2003 : tout ce que vous voulez savoir

Par Olivier CORRIEZ, le 14 mai 2003 à 06h00 , mis à jour le 14 mai 2003 à 12h24

Cannes s'apprête à vivre dès mercredi soir douze jours infernaux avec son 56e Festival du film. Avant que ne commence la folie cinématographique, petit état des lieux de ce qu'il faut savoir sur cette édition 2003.

Image pretexte pour Cannes 2003 © INTERNE

Sélectionnés

Vingt longs métrages de treize nationalités différentes sont représentés dans la compétition, donc en course pour obtenir la fameuse Palme d'Or. Si certains cinéastes sont des habitués de la sélection officielle, six d'entre-eux sont de parfaits novices : le Chinois Lu Ye, les Japonais Kiyoshi Kurosawa et Naomi Kawase, le Turc Nuri Bilge Ceylan ou encore les Français François Ozon et Bertrand Bonello. En revanche, Denys Arcand, Hector Babenco, Bertrand Blier, Peter Greenaway, Claude Miller, Raoul Ruiz, Lars von Trier ou Gus van Sant ont déjà subi les affres de la compétition.

La France enfin ?

Depuis Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat en 1987, la France a été privée de la récompense suprême. Cette année, ce sont pas moins de cinq de nos cinéastes qui tenteront d'effacer cette longue période de disette palmesque. Les candidats sont Bertrand Blier avec Les Côtelettes, Claude Miller avec La petite Lili, François Ozon avec Swimming Pool, André Téchiné avec Les Egarés et Bertrand Bonello avec Tiresia.

Un jury, des jurys

C'est le cinéaste et homme de théâtre français Patrice Chéreau qui préside le jury des longs métrages de la compétition officielle. Dans sa tâche, il est secondé par les actrices Aishwarya Rai (Inde), Meg Ryan (Etats-Unis) et Karin Viard (France), l'acteur français Jean Rochefort, l'écrivain italien Erri de Luca, les réalisateurs américain Steven Soderbergh et bosniaque Danis Tanovic et le cinéaste chinois Jiang Wen. Pour le jury des courts métrages, c'est Emir Kusturica qui préside, assisté notamment par Zabou Breitman et Michel Ocelot.

Cannes off

Deux autres compétitions se déroulent en parallèle sur la Croisette : la Quinzaine des réalisateurs et la Semaine internationale de la Critique. La première section, créée en 1968, présente 48 films venus de 28 pays différents. La seconde, la plus ancienne, créée en 1962, présente sept films en compétition. A Cannes, il faut également compter avec le marché du film où 7.000 professionnels de 70 pays se réunissent pour vendre et acheter des productions. Toujours off mais aussi très attendu, le lancement par le studio Sony, de sa grosse machine de l'été, Terminator 3 avec Arnold Schwarzenegger.

Bis repetita

Cette année, seul Lars von Trier peut espérer repartir une nouvelle fois avec la Palme d'Or. Le cinéaste danois récompensé en 2000 pour Dancer in the Dark avec Bjork est de retour sous les palmiers cannois pour présenter Dogville. Un film très attendu avec Nicole Kidman dans le rôle principal. Seuls trois réalisateurs ont réalisé le doublé depuis 1975, date de la création de la Palme d'Or : Shohei Imamura (La ballade de Narayama, 1983 - L'anguille, 1997), Emir Kusturica (Papa est en voyage d'affaires, 1985 - Underground, 1995) et Bille August (Pelle le conquérant, 1988 - Les meilleures intentions, 1992). Francis Ford Coppola, palmé d'or en 1979 pour Apocalypse Now avait reçu la plus haute distinction en 1974, le Grand Prix, pour Conversation secrète.

Fanfan contre Neo

Le grand duel de ce 56e Festival de Cannes se situera hors compétition avec les présentations de Fanfan la Tulipe et Matrix Reloaded. Le premier, réalisé par Gérard Krawczyk, fait l'ouverture du festival mercredi soir. C'est le remake du film de 1956 de Christian-Jacque qui mettait en scène Gérard Philipe et Gina Lolobrigida. Dans la version 2003, produite par Luc Besson, ce sont Vincent Perez et Penelope Cruz qui s'y collent. Le second, toujours réalisé par les frères Larry et Andy Wachowski, est la suite tant attendue de l'un des plus gros succès de l'année 1999 qui s'offre ainsi la vitrine cannoise pour son lancement dans le monde entier. Le duel de la Croisette se prolonge dans les salles puisque Fanfan la Tulipe sort ce mercredi tandis que Matrix Reloaded débarque sur les écrans français vendredi.

Des stars au rendez-vous

Cannes, c'est, pour le grand public, d'abord les stars, ce défilé de strass et de paillettes sur le tapis rouge du grand escalier du Palais des festivals. Cette année, le public friand de "people" sera servi avec un plateau encore une fois prestigieux. Sont attendus : Nicole Kidman, Lauren Bacall, James Caan, Charlotte Rampling, Bernard Giraudeau, Michel Piccoli, Sean Penn, Tim Robbins, Béatrice Dalle, Isabelle Huppert, Benoît Magimel, Tom Cruise, Penelope Cruz, Vincent Perez, Keanu Reeves, Monica Bellucci, Lambert Wilson, Ewan McGregor…

Sécurité, sécurité

Histoire de rassurer les nombreux étrangers et la multitude de stars sur place, la sécurité du Festival a été renforcée avec pas moins de quatre compagnies et demie de CRS, soit 450 hommes, trois équipes de démineurs et trois de maîtres-chiens spécialisés dans la recherche d'explosifs. Il faut ajouter a ces équipes, celles déjà en place soit 260 fonctionnaires de police et 130 policiers municipaux affectés au contrôle de la circulation, à la prévention de la délinquance et à l'application des arrêtés municipaux. Les forces de l'ordre peuvent également compter sur la cinquantaine de caméras de vidéosurveillance placées dans la ville en avril dernier. Il va sans dire que les grands hôtels sont également passés au régime "plus de sécurité".

Ca se passe au "bunker"

Le "bunker", c'est le joli surnom donné au Palais des festivals par les habitués. Il n'empêche que c'est là que se déroule la majeure partie des manifestations médiatisées. Outre les 20 films en compétition, y seront diffusés six longs métrages hors compétition, cinq lors de séances spéciales, les 17 de la sélection Un certain regard, les neuf courts en compétition et les 20 films de la Cinéfondation. Le Palais accueille également une exposition Jean Cocteau et c'est aussi là que seront célébrés les hommages à Daniel Toscan du Plantier, Maurice Pialat et Jeanne Moreau. Oliver Stone y ira même de sa leçon de cinéma.

Fellini et Chaplin

Le cru 2003 est placé sous le signe du maestro italien Federico Fellini, décédé il y a dix ans. L'affiche du festival ne laisse aucun doute puisqu'il y est inscrit en gros "Viva il cinema !". Pour rendre hommage au cinéaste, le Festival a mis les petits plats dans les grands avec notamment les projections de 20 de ses films dont La Strada, Ginger et Fred ou Satyricon. Autre grand cinéaste à être honoré, Charles Chaplin avec la projection d'un documentaire consacré à la vie et au travail de Charlot. Mais c'est en fin de festival que son hommage sera complet puisque une version restaurée de son chef d'œuvre, Les Temps modernes, fera la clôture du Festival.

Par Olivier CORRIEZ le 14 mai 2003 à 06:00
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