Ferry ouvre le dialogue sur le "désarroi enseignant"

Par F.L., le 16 mai 2003 à 16h23 , mis à jour le 16 mai 2003 à 22h25

Luc Ferry a annoncé la tenue le 27 mai d'un comité interministériel sur l'éducation, à sa sortie d'une réunion à Matignon consacrée à la crise dans l’Education nationale. Sur le terrain, les manifestations de colère des enseignants se multiplient.

ferry © INTERNE

Réunion de crise vendredi après-midi à Matignon sur le dossier de l'Education nationale. Luc Ferry et Xavier Darcos ont retrouvé Jean-Pierre Raffarin pour évoquer la fronde des enseignants. Le Premier ministre avait dû annuler un déplacement à Périgueux pour assister à cette réunion, qui n'était pas initialement prévue à son agenda. A sa sortie, le ministre de l'Education nationale a annoncé la tenue le 27 mai d'un comité interministériel sur l'éducation et le métier d'enseignant, en déclarant être "parfaitement conscient" du "grand désarroi" actuel des enseignants. "On assiste à une crise des vocations dans le second degré, il y a un malaise de fond chez les enseignants", a-t-il déclaré. "Donc, nous souhaitons ouvrir la discussion sur la question du métier".

Vendredi, dans la matinée, la situation au sein de l'Education nationale avait déjà été évoquée lors d'une réunion du gouvernement à Matignon ; Luc Ferry aurait alors, selon un participant, déclaré que la fronde des enseignants était, "dans la situation actuelle, le dossier le plus sensible, le plus aigu".

La colère grandit de jour en jour dans l’Education nationale. Cinq des sept fédérations de fonctionnaires appellent lundi à une nouvelle journée nationale de grèves et de manifestations contre le projet de réforme des retraites. Au sein de l'Education nationale, la contestation est particulièrement alimentée par le projet d’autonomie des facs et les mesures de décentralisation de Luc Ferry. L’enseignement devrait donc être particulièrement touché par le mouvement ce 19 mai.

L’appel de Raffarin au respect des "pratiques républicaines"

Luc Ferry et Xavier Darcos ont pu constater sur le terrain l’ampleur de la crise. Jeudi à Rodez, ils ont été accueillis par une foule de 3.000 manifestants en colère scandant "Ferry et Fillon démission", "aujourd'hui dans la rue, demain on continue". Ce vendredi, le ministre de l'Education nationale a annulé une visite prévue en Corrèze. Autres manifestations sporadiques de la grogne : deux épreuves de BTS n'ont pu se tenir jeudi dans deux lycées varois où des enseignants en grève ont empêché la tenue de l’examen.

Face à ces signes laissant présager un mouvement dur à un mois du bac, et après la polémique sur la légalité de deux jours de grève dans les transports parisiens, Jean-Pierre Raffarin a lancé un "appel", vendredi à l'issue du séminaire gouvernemental, "à toutes les minorités qui aujourd'hui ne respectent pas les pratiques républicaines et se mettent en faute". Face aux manifestations de la colère enseignante, il a mis en avant "le droit des jeunes aux examens. Je sais ce que c'est qu'un BTS, c'est une des formations les plus qualifiantes, qui demande aux jeunes le plus d'efforts (...) Ils ont le droit à l'examen".

Photo d’ouverture : Luc Ferry - archives

Par F.L. le 16 mai 2003 à 16:23
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